En 4ème vitesse

La sélection des albums du mois d’avril 2026

today2 mai 2026 13

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En 4ème vitesse – Les albums sortis en avril 2026

Quel plaisir de se retrouver pour le désormais rituel « En 4ème vitesse » qui permet de faire un tour des sorties du mois. Pour cet avril 2026 donc, j’ai effectué une petite sélection des nouveaux albums, comme d’habitude totalement subjective. Mais jetons d’abord un œil aux mois d’avril passés d’il y a 10, 20, 30, 40, 50 et même 60 ans pour constater que ce premier mois printanier a toujours été fertile musicalement.

Retour en avril 1966 où les genres musicaux, déjà, se bousculent pour le meilleur. Côté jazz, c’est le chef d’oeuvre de Wayne Shorter « Speak No Evil » qui sort chez Blue Note avec Herbie Hancock au piano. Côté soul, Otis Redding sur « The Soul Album » et Sam And Dave avec « Hold On I’m Comin’ » sont au sommet de leur art. Alors que débute la jeune Marianne Faithful sur le très folk « North Country Maid », Frank Sinatra s’enrobe de cordes sur « Moonlight Sinatra » dédié à la lune. Si on a quelque peu oublié le groupe The Turtles, qui sort « You Baby » son 2ème album, ce sont bien entendu The Rolling Stones qui emportent la mise avec « Aftermath », leur premier grand classique et premier album composé entièrement de titres originaux tels que « Under My Thumb », « Lady Jane » ou encore « Paint It Black » sur l’édition américaine.

10 ans plus tard, en avril 76, si les Stones sont toujours là, eux aussi tentent un mélange des genres rock, funk et reggae sur le tout de même bien essouflé « Black & Blue » qui voit l’arrivée de Ron Wood en remplacement de Mick Taylor. 1976 est une année charnière puisqu’encore une fois les genres entrent en collision. Le rock progressif aux titres à rallonge, tout de même bien pénible et boursouflé de Van Der Graf Generator sur « Still Life » et Rush sur « 2112 » plus orienté hard rock est battu en brèche par l’explosion du punk. Sur l’album éponyme « Ramones » pas un des titres, joués à 200 à l’heure, ne dépasse 2’40 ». À l’opposé Klaus Schulze explore sur « Moondawn » les possibilités des synthétiseurs dans une musique « spatiale », Bob Marley sur « Rastaman Vibrations » porte le reggae à son sommet et Al Green avec « Full Of Fire » est un des princes de la soul. Mais peut-être que la synthèse est réussie par Walter Becker et Donald Fagen qui, au sein des extraordinaires Steely Dan, un de mes groupes préférés de tous les temps, se situent aux confins des genres sur « The Royal Scam », leur 5ème album.

En avril 1986, l’électronique et les synthés sont désormais partout. Jean-Michel Jarre publie « Rendez-Vous » et The Art Of Noise son 2ème album « In Visible Silence ». Si le rock classique n’a pas disparu avec Bob Seger et son « Like A Rock », Joe Cocker qui sort « Cocker » et l’ennuyeux Chris Rea avec « On The Beach », c’est la décennie d’une pop synthétique et sophistiquée illustrée par The Blow Monkeys et l’album « Animal Magic » mâtiné de soul et le règne de la new wave. Dans cette catégorie, les Cocteau Twins avec « Victoria Land », Siouxsie & The Banshees sur « Tinderbox » et Icehouse avec l’album « Measure For Measure » tiennent le haut du pavé. Par chez nous, un jeune homme est en train de bouleverser la pop française, c’est Etienne Daho et son immense « Pop Satori ». Mais le trône est bien la propriété de Prince dont l’album « Parade » confirme l’extraordinaire puissance créative.

10 ans plus tard en avril 1996, les Cocteau Twins sont toujours là avec « Milk And Kisses » dont ce sera le dernier album à ce jour. À l’inverse on découvre le premier album somptueux de Morcheeba, entre soul et trip hop, intitulé « Who Can You Trust ? ». Beaucoup plus brutal sont le 2ème album de Rage Against The Machine, groupe que je n’ai jamais pu supporter, « Evil Empire » et son rap sur riffs metal ainsi que « Democracy » sur lequel Killing Joke assène un rock sombre et puissant. De ce côté de La Manche, Doc Gynéco cartonne avec « Première Consultation » sur lequel il impose des instruments au détriment des boites à rythmes et des samples. Orbital est par contre un duo entièrement électronique d’une grande originalité comme le montre l’album « In-Sides ». Mais c’est avec son « Casanova » que Neil Hannon, seul maître à bord de The Divine Comedy, réalise son 3ème chef d’œuvre d’affilée.

En avril 2006, de vieux briscards sont toujours là. Tout d’abord Killing Joke avec « Hosannas From Basement Of Hell » et sa pochette terrifiante. Morrissey ensuite qui, sur l’album « Ringleader Of The Tormentors », affiche une forme superbe. Bruce Springsteen enfin qui, avec « We Shall Overcome », rend hommage à ses origines irlandaises. Par ailleurs, les Américains de The Black Angels développent sur « Passover » leur rock hypnotique, Ellen Allien s’associe à Apparat pour concocter le merveilleux et électronique « Orchestra Of Bubbles ». Mais c’est Wayne Coyne et ses Flaming Lips qui tirent le gros lot avec l’extraordinaire et délirant « A War With The Mystics » produit par Dave Fridmann, prodigieux disque inclassable et inépuisable.

La notion de supergroupe est remise au goût du jour en avril 2016 quand Alex Turner, Miles Kane et James Ford forment The Last Shadow Puppets. Leur album « Everything You’ve Come To Expect » est une bonne surprise de pop anglaise racée. Beyoncé quant à elle rafle encore la mise avec « Lemonade », album très intime sorti en même temps qu’un film. Weezer continue à décliner les couleurs pour sa power pop avec son « White Album », les Écossais de Mogwai et leur rock instrumental traitent des catastrophes nucléaires sur le fabuleux « Atomic ». On découvre avec son 3ème album « Singing Saw » Kevin Morby, extraordinaire songwriter qui va exploser dans la décennie suivante et devenir un de mes artistes de chevet. Enfin j’adore « IV » des Canadiens de Black Mountain qui sont restés dans les 70’s et bien entendu celui qui est désormais devenu un cador de la chanson française, c’est-à-dire Benjamin Biolay qui en 2016 fait le grand écart entre ici et l’Argentine sur « Palermo Hollywood ».

 

biolay la debandade

C’est l’occasion donc de rendre hommage à l’immense talent de Benjamin Biolay, disciple de Gainsbourg dont il a su s’inspirer pour trouver sa propre voix, immense musicien, arrangeur, compositeur et auteur. Il élève la chanson française à des hauteurs rarement atteintes sur « La Débandade ». Quel talent, quelle classe. Bravo Monsieur.

Mais revenons au présent, puisque les mois d’avril ont toujours été par le passé riches en sorties d’albums.

Album du mois Arlo Parks – Ambiguous Desire

arlo parks – ambiguous desire

Voici 5 ans exactement, je découvrais une très jeune artiste anglaise nommée Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho, alias Arlo Parks avec son exceptionnel premier album « Collapsed In Sunbeams » (2021). Ni une ni deux, je me fendais d’un article pour Poptastic afin de partager mon coup de cœur. Cher lecteur, tu trouveras cet article ici :

Arlo Parks – Collapsed In Sunbeams

Alors que sort son 3ème album « Ambiguous Desire », la musique d’Arlo Parks a évolué parce que son statut a changé, sa vie aussi, passée de l’ombre à la lumière, enchainant les tournées elle est partie vivre à Los Angeles, elle a plongé dans le monde de la nuit et cela se voit sur la pochette et s’entend dans les 12 titres de l’album. Cette photo de la musicienne semble prise au bout de la nuit, sortant de club pour se rendre dans un autre lieu de fête. Cette ambiance nocturne tranche avec la soul folk du premier album sans toutefois larguer totalement les amarres.

L’arrivée de l’électronique, de rythmes de clubs, d’une techno douce et ouatée, en suspens, de basses énormes, flottant dans une atmosphère nocturne se marie parfaitement avec la soul délicieuse, la voix suave de la chanteuse. Dès « Blue Disco » le ton est donné, on se prépare pour la fête, les joints tournent, la musique suinte : « We’re smokin’ hand-rolls / Feel like we’re both in a film / Just being clumsy / DJing Goldie and Prince / And when the clock strikes, the disco lights go blue / On fume des joints roulés / On se sent comme dans un film / On fait les maladroits / On mixe Goldie et Prince / Et quand l’horloge sonne, les lumières disco deviennent bleues ». Sur « Jetta », c’est l’excitation des débuts de soirée « Packin’ a night bag / Cigarettes, cash, phone / Living in fiction, for tonight / Je prépare mon sac pour la nuit / Cigarettes, liquide, téléphone / Je vis dans un rêve, pour ce soir ».

On va suivre dans un état quasiment second, portés par cette musique à la fois dansante et relaxante, les tribulations nocturnes de l’artiste tout au long du disque. Et cela donne des perles comme les 2 titres cités plus haut ou cet extraordinaire « Heaven » entre confession intime et ambiance de club au petit matin, c’est somptueux.

Sur le superbe « Senses » avec Sampha, elle se livre intimement comme sur « Beams », l’histoire d’un appel téléphonique au bout de la nuit d’une beauté désespérée. Cette douce errance se poursuit jusqu’au final « Floette » évoquant l’extase amoureuse de l’instant présent : « Makin’ me feel like I’m fourteen / Letting the world happen to me / Tu me fais me sentir comme une adolescente de quatorze ans. / Je me laisse porter par le destin. »

Laissez-vous emporter au bout de la nuit avec Arlo Parks qui confirme son statut d’artiste de premier plan, capable de se renouveler tout en restant elle-même et de produire une musique d’une beauté à toute épreuve.

Memorials – All Clouds Bring Not Rain

memorials – all clouds bring not rain

Dès « Life Could Be A Cloud », qui ouvre son 2ème album, le duo anglais Memorials, composé de Verity Susman (Electrelane) et Matthew Simms (Wire), annonce le programme. Le morceau s’ouvre sur une nappe de synthé sombre et la voix qui rappelle Nico peut nous faire penser que le morceau sera une espèce de folk acoustique. Mais voilà qu’au bout d’une minute, des bruits étranges et parasites se font entendre, un rythme krautrock débarque de nulle part, le morceau s’emballe, tout le monde chante à tue-tête comme à la plus belle époque d’Arcade Fire. Nous voici embarqués dans des montagnes russes, qui s’arrêtent suspendues au-dessus du vide puis repartent de plus belle : « Life could be a cloud / High above the trees / In spite of the fact of gravity / Falling isn’t freeing / La vie pourrait être un nuage / Très haut au-dessus des arbres / Malgré la gravité / Tomber n’est pas libérateur ».

Il va en être ainsi tout au long d’un album d’une variété, d’une richesse impressionnantes, impossible à classer dans un genre précis tant il broie, concasse, mélange les styles musicaux que ce soit le folk, la pop, le rock dans tous ses états, des choeurs mystiques, de l’électronique, des collages bruitistes, des digressions free, … Il suffit de jeter un œil sur les notes de pochette à la liste des instruments utilisés pour comprendre que le duo ne s’est mis aucune barrière ni limite à sa créativité. Que ce soit sur l’incroyable « Cut Glass Hammer » hypnotique à souhait, la magnifique et poignante ballade piano/voix qu’est « Reimagined River », sur la pop sautillante de « Dropped Down The Well » et « Watching The Moon » dopée à l’orgue, Memorials ne commet quasiment aucune faute.

En toute fin d’album, ils sont même capable de nous tirer les larmes avec « Wildly Remote », complainte au bord du vide, simple et belle comme le jour.

L’album pourra en rebuter certains par son trop plein d’idées, de directions empruntées mais passé le moment du défrichage il se révèle un des grands disques de l’année, jamais formaté, toujours surprenant, émouvant, excitant et exaltant.

Courtney Barnett – Creature Of Habit

courtney barnett – creature of habit

Nous avons déjà croisé l’Australienne Courtney Barnett sur Poptastic dans la rubrique « Mes disques de A à Z» à propos de deux de ses précédents et excellents albums. Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur elle avant d’aborder ce nouveau « Creature Of Habits » 4ème album studio de la musicienne, voici le lien vers l’article :

Courtney Barnett – Mes disques de A à Z

Vous y lirez que la voix féline de Courtney Barnett fait furieusement penser à celle de Chrissie Hynde avec une espèce de nonchalance, de fatigue en plus qui la distingue de son illustre ainée. On retrouve sur ce 4ème album ce qui faisait la spécificité des précédents à savoir un rock débarrassé de toute trace de gras, une écriture classique mais efficace qui alterne les morceaux rock et les ballades plus intimistes.

Le premier morceau « Stay In Your Lane » sort cependant du lot, tant il semble tout droit sorti d’un disque des Breeders en étendard indie 90’s. Bourré d’énergie brute, le morceau est une parfaite façon de se réveiller. Les suivants ressembleront beaucoup plus à ceux des albums précédents. Que ce soit « Wonder », « Site Unseen », « One Thing At The Time » ou encore « Sugar Plum », chaque titre s’impose par son évidence, sans rien révolutionner que ce soit dans la forme ou dans les arrangements qui respectent la structure guitare / basse / batterie / voix.

Surprise cependant quand, au début de « Same », des sons électroniques se font entendre sur un titre de pop élastique ou sur « Great Advice » ou la guitare vrillée, le rythme plus heurté et le spoken word tirent l’album vers des contrées originales.

On mettra en évidence, au centre du disque, la chanson « Mantis » renvoyant à la mante religieuse de la pochette que Courtney Barnett définit elle-même: « C’est la pièce maîtresse microcosmique de cet album ; elle incarne le message et la signification de chaque morceau. Elle traite de la quête, et elle m’a aidée à trouver mon chemin à travers cet album ».

« Creature Of Habit » est une valeur sûre, comme chaque album de l’australienne, loin des modes et des effets de manche, elle se contente d’écrire et de jouer ses chansons. Tout simplement.

Snail Mail – Ricochet

snail mail – ricochet

« Lush » (2018), « Valentine » (2021) et aujourd’hui « Ricochet ». Voici quels sont les 3 albums de la pourtant jeune américaine de Baltimore Lindsay Erin Jordan qu’elle a sortis sous le nom de Snail Mail. Inutile de faire le malin, je ne connais Snail Mail que depuis quelques jours mais j’ai été immédiatement séduit par cet album, en tous points maîtrisé.

Dès le magistral « Tractor Beam » qui laisse imaginer ce qu’auraient pu être des Cocteau Twins noisy, le formule tourne à plein régime. « The future looks so bright / Skyward on a tractor beam / L’avenir semble si radieux / Vers le ciel, emporté par un rayon tracteur » paroles qui résument assez bien le formidable élan de ce titre. Ce disque renvoie assez clairement aux 90’s avec ses accents shoegaze. Le mélancolique et ample « My Maker » est absolument superbe tout comme « Light On Our Feet » tout en clair obscur apaisé et constitue l’autre face de l’album, plus calme, alternant avec des titres plus noisy tels « Agony Freak », trouvant l’équilibre parfait sur la longueur.

Le chant de Lindsay est impressionnant par sa capacité à envelopper l’auditeur, à se fondre parfois dans un mur du son qui lui fait un écrin. Mais dépouillé de ses atours, elle montre qu’elle n’a nul besoin d’artifices pour briller comme sur le morceau-titre « Ricochet » ou le final « Reverie » qui rappelle les mélodies à la McCartney. Après cette belle réussite, il n’y a plus qu’une seule chose à faire, ricocher d’un titre à l’autre en se repassant ce très bel album.

U2 – Easter Ep

u2 – easter ep

La bande à Bono nous avait pris par surprise il y a quelques semaines avec « Days Of Ash », un Ep engagé malheureusement bien peu excitant et voilà qu’ils récidivent avec « Easter », nouvel Ep de 6 titres qui se veut plus spirituel et intimiste. Les deux sont sortis le jour d’une fête religieuse et on se demande si cela va devenir une habitude. C’est bientôt l’Ascencion !

À son sujet, Bono déclare :« Avec Easter Lily, nous avons fini par nous poser des questions très personnelles : nos propres relations sont-elles à la hauteur de ces temps difficiles ? Jusqu’où se bat-on pour l’amitié ? Notre foi peut-elle survivre au détournement de sens que ces algorithmes adorent récompenser ? Toute religion est- elle un déchet qui continue de nous déchirer… ou y a-t-il des réponses à trouver dans ses recoins ? Y a-t-il des cérémonies, des rituels, des danses qui manquent à nos vies ? Du rite du printemps à Pâques et sa promesse de renaissance et de renouveau… ».

Faudrait-il aborder cet Ep comme un traité philosophique ? Ou bien Bono, comme souvent, se prend-il pour le Messie ? Il fait ensuite référence à l’album « Easter » (1978) de Patti Smith. La comparaison s’avère redoutable au détriment du quatuor de Dublin malheureusement. Là où la reine Patti décochait un brûlot rock’n’roll imparable, cet « Easter » nouveau ressemble à un pétard mouillé, souvent pompeux et boursouflé. On retrouve bien le son caractéristique de U2, ces guitares caractéristiques de The Edge, le chant extatique de Bono mais l’ensemble reste pataud et peine à décoller.

Les deux meilleurs titres de cet EP se situent à ses deux extrémités. D’abord « Song For Hal » chanté par un The Edge plus sobre que son collègue et qui réalise une belle performance vocale. Ensuite l’étonnant « Coexist (I Will Bless The Lord At All Times?) » où Bono murmure, puis trafique sa voix au vocoder sur une nappe ambient. Ce n’est pas totalement réussi mais a le mérite de surprendre.

La grâce ne se décrète pas, U2 semble l’avoir perdue depuis bien longtemps. Posons la seule question qui vaille : si ce n’était pas U2, ce disque aurait-il droit à l’attention des médias ?

Il est désormais temps de nous quitter mais n’oubliez pas que vous pouvez écouter la playlist de cet « En 4ème vitesse » d’avril 2026 sur Deezer – En 4ème vitesse – Avril 2026

Auteur/autrice

  • Christophe Billars

    Passionné de musique, lui-même musicien, compositeur et parolier. Sur Poptastic, Christophe livre régulièrement des critiques affûtées sur les albums d'artistes britanniques ou en rapport avec la scène musicale britannique.

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Écrit par: Billars Christophe

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