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Mes disques de A à Z : Courtney Barnett, l'australienne

rédigé par le 8 avril 2021

Courtney Barnett, jeune trentenaire australienne originaire de Melbourne, a débarqué dans l’univers rock de façon fulgurante.
Vous rêviez d’une nouvelle PJ Harvey, d’une chanteuse aussi féline que Chrissie Hynde des Pretenders ou encore d’une prêtresse rock à la Patti Smith ?

Miracle, Courtney Barnett, réalise vos fantasmes les plus fous car c’est bien la digne héritière des trois grandes dames citées plus haut. Elle n’en a pas encore la carrière mais certainement le talent et le potentiel pour marcher sur leurs traces.

Depuis 2015 et son premier album au titre aussi long qu’hilarant « Sometimes I Sit And Think And Sometimes I Just Sit », son nom se fait entendre de plus en plus souvent dans l’univers pop rock avec les louanges qui vont avec et les couvertures des magazines spécialisés. Je n’ai découvert ce premier album qu’après avoir été soufflé par la qualité du deuxième, paru en 2018 et intitulé quant à lui « Tell Me How You Really Feel ».

Musicalement, les deux disques sont deux frères jumeaux. La formule est archi connue et n’innove en rien : batterie, basse, guitares, chants, clavier. Courtney Barnett a dit vouloir être le Crazy Horse à elle toute seule (celui de Neil Young évidemment !) et, partant de cet incontournable parrain, balaye tout un pan du rock de ces dernières décennies, des Pretenders aux Pixies, en passant par PJ Harvey, Pavement ou les Breeders, les soeurs Deal faisant même deux apparitions bienvenues sur « Tell Me How You Really Feel ». Courtney Barnett ne fait pas de chichis et va au plus près de l’os sur des titres aussi inspirés que rugueux, débordant d’une énergie salutaire.

Courtney Barnett rock australien

On trouve donc déjà sur ce « Sometimes I Sit And Think And Sometimes I Just Sit », tout ce qui nous explosera en pleine figure sur le deuxième à savoir des titres sans une once de graisse qui donnent envie de grimper aux rideaux avec des riffs jouissifs et un son de guitare qui ne sont pas sans rappeler les Kinks de la grande époque à l’image de l’explosif « Pedestrian At Best » ou du fantastique « Nobody Really Cares If You Don’t Go To The Party ».

3 ans plus tard, en 2018, Courtney Barnett frappe un grand coup avec son deuxième album à la pochette rouge
« Tell Me How You Really Feel »

« Take You Broken Heart/Turn It Into Art » peut-on entendre dans le paisible « Hopefulessness » qui ouvre l’album. Voilà donc annoncé le programme de manière explicite sur ce titre presque blues qui rappelle PJ Harvey par sa tension permanente et retenue jusqu’à ce que les guitares hurlent à la mort sur la fin du morceau.

Courtney Barnett tell me how you really feel

Nous pouvons à présent rentrer dans le vif du sujet avec la claque « City Looks Pretty », tube instantané sur lequel Courtney feule de sa voix trainante et chaude à la fois, dans un registre qui rappelle fortement la grande Chrissie Hynde. Pas un poil de gras, une rythmique imparable, des guitares qui vrillent, mélodie hyper accrocheuse. Il n’y a rien ici qu’on n’ait pas déjà entendu ailleurs mais quand l’inspiration est à ce niveau ça fait tout de même un bien fou.

Et BIM! « Charity » double la mise et assène un deuxième uppercut. On est revenu aux plus belles heures des Pretenders avec un titre irrésistible dont le refrain donne juste envie de grimper aux rideaux en chantant à tue-tête.

Cela faisait belle lurette que je n’avais pas ressenti cette évidence rock’n’roll. Tout est parfait ici – rythmique au cordeau, guitares tranchantes, chant superbe de décontraction - et constitue une excellente façon de prouver à quel point les Adèle et autres Céline Dion ne sont que des outres gonflées à l’hélium. « Need A Little Time » maintient le niveau tout en ralentissant le tempo. Sur cette grande chanson pop aussi évidente que les précédentes, Courtney Barnett montre aussi qu’elle sait varier les registres en laissant sa voix s’envoler sur les refrains, eux-mêmes impeccables. Exceptionnelle entrée en matière !

On peut passer à la grande chanson qu’est « Crippling Self-Doubt And A General Lack Of Confidence » digne encore une fois des classiques des Pretenders. « Walkin’ On Eggshells » a tout d’un classique encore une fois. Cette ballade pop rock simple est superbe et émouvante, tirant du peu le meilleur, sans esbroufe, sans effets de manche. Il ne reste plus à Courtney qu’à achever l’album par un autre grand titre « Sunday Roast » qui commence sur quelques arpèges de guitares sur lesquels elle vient crooner. Et surtout de nous donner envie de remettre le disque au début illico presto.

Alors oui, Courtney Barnett n’a rien inventé mais elle fait l’essentiel, écrire de grandes chansons, sincères et vraies et les jouer tout simplement comme elle les sent. C’est l’essence même du rock et ça nous touche au coeur. « Take You Broken Heart/Turn It Into Art

Courtney Barnett tell me how you really feelÉcoutez Courtney Barnett dans les pastilles Rock australien, du lundi au vendredi à 14h15 et 16h15 sur Poptastic Radio.

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles