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La salle du Marché Gare à Lyon, entièrement rénovée il y a quelques années, offre un cadre agréable et fonctionnel, avec une très bonne acoustique. Quelque 350 personnes s’y pressaient pour applaudir nos Glaswégiens (et oui, les habitants de Glasgow 😊) du Teenage Fanclub : la salle était donc presque comble. Selon l’équipe du merchandising, la tournée se déroule parfaitement. Le groupe arrivait de douze dates en Espagne, et Lyon constituait sa première étape française, avant la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni, avec un final à Glasgow.
La première partie était assurée par Euros Childs, le claviériste de Teenage Fanclub, seul derrière son instrument et au chant.
Les quatre autres musiciens le rejoignent ensuite pour un set d’une heure et demie.
Le groupe pioche dans l’ensemble de son très fourni répertoire, depuis le tout premier album « A Catholic Education » (superbe dernier morceau joué ce soir, « Everything Flows », titre très indie pop / shoegaze avec un bien beau duo de guitares au final) jusqu’au tout dernier sorti cette année, le 13ᵉ, « Do Not Dare to Dream » (voir la critique de Christophe Billars dans sa sélection des albums du mois d’octobre).
Mon attention s’est d’abord portée sur les harmonies vocales entre Norman Blake, qui assure l’essentiel du chant, Raymond McGinley, l’autre guitariste, chargé de la plupart des parties de guitare solo, et Francis Macdonald, à la batterie. Ils apprécient les Byrds, et ça s’entend. J’ose une autre comparaison : Teenage Fanclub serait à l’indie pop ce que Wishbone Ash a été au hard rock des années 70, catégorie dans laquelle on les rangeait alors. La finesse et la mélodie des voix comme des guitares passent avant la débauche d’énergie ou les prouesses techniques qui tournent parfois à vide.
Ce qui frappe aussi, c’est l’absence d’artifices, tant dans le look que dans le jeu de scène. On est ici pour la musique et rien d’autre. D’ailleurs, Norman chante très souvent les yeux fermés, comme pour mieux se concentrer sur le son et les harmonies. Mais lorsqu’il les ouvre, c’est surtout pour adresser des sourires complices à Raymond et à Dave McGowan, le bassiste.
Entre les morceaux, Teenage Fanclub cultive la sobriété et rarifie les échanges avec le public. Une référence à l’album dont est issu le titre suivant « This one is from Bandwagonesque », quelques mots en français, « Merci beaucoup », « Bonne nuit » : les interventions restent brèves, laissant toute la place à la musique. Cette retenue n’exclut pas l’humour comme au moment du rappel où le groupe s’amuse du rituel et en dévoile tranquillement les ficelles : « On va faire semblant de partir et on revient pour trois chansons. » Une manière complice de jouer le jeu, sans en faire trop.
Au final, une belle soirée, cool et raffinée, pourtant en pleine période de couvre-feu dans la capitale des Gaules.
Écrit par: Chris PHP
Let’s Rock!, c’est deux heures de radio libre, entre nouveautés, extraits d’albums et morceaux parfois longs. Une émission guidée au feeling, imprévisible, où chaque titre en amène un autre, loin des playlists formatées
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