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Collector’s – Collectionner des disques n’est pas sans risques – Le nouveau livre de Jack Lalli

today7 octobre 2026 9

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« Collector’s » de Jack Lalli : histoires de disques, de copains et... de quelques sérieuses obsessions

Il y a probablement, quelque part dans un carton, un disque dont quelqu’un se mord aujourd’hui les doigts de s’être débarrassé. Un pressage acheté trois fois rien, écouté jusqu’à user le sillon, puis vendu avec une pile d’autres parce qu’il fallait faire de la place. À l’époque, personne ne parlait de « vinyl revival », encore moins d’investissement. On achetait des disques parce qu’on voulait écouter ce qu’il y avait dessus.

Jack Lalli appartient à cette génération-là.

Dès les premières lignes de « Collector’s – Collectionner des disques n’est pas sans risques ! », il plante le décor : « Nous avons grandi avec les 45 tours et les 33 tours ». Il raconte ensuite avoir conservé une bonne partie de ces fameuses galettes noires, tout simplement parce que l’envie de les écouter est toujours là. Certaines sont devenues rares avec les années. Personne ne pouvait vraiment le prévoir lorsque ces disques tournaient sur l’électrophone familial ou la première chaîne hi-fi.

C’est sans doute là que Collector’s trouve son meilleur point de départ. Dans le rapport un peu irrationnel que l’on entretient avec un disque.

Un disque, après tout, prend de la place, ramasse la poussière, peut se rayer et oblige régulièrement son propriétaire à expliquer pourquoi il conserve quatre éditions du même album. Sur le plan pratique, on a inventé beaucoup mieux depuis. Pourtant, des milliers de passionnés continuent de passer leurs week-ends à fouiller des bacs dans l’espoir d’en ramener un nouveau à la maison.

Jack Lalli connaît manifestement bien le dossier.

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Une bande de copains lâchée au milieu des bacs

Pour raconter cette passion, il s’entoure de Phil, Gégé, Ray, Johnny Be Good, Duane, Déborah, Nath, Marlène et d’un certain « Jacou le Croquant » (dont on vous laisse deviner à qui appartient le sobriquet). Les noms donnent presque l’impression de lire le générique d’un groupe qui n’aurait jamais réussi à se mettre d’accord sur celui qui tiendrait la basse. Tout ce petit monde fréquente les conventions et les bourses aux disques. Nice, Marseille, Paris, Londres, Milan : la chasse dépasse rapidement les limites du quartier.

Car le collectionneur sérieux se déplace.

Il sait qu’un disque peut surgir là où il ne l’attendait pas. Il connaît surtout cette sensation particulière : parcourir machinalement une rangée de pochettes et tomber soudain sur LE disque. Celui que l’on cherche depuis des années. Ou, situation plus dangereuse pour le portefeuille, celui dont on ignorait encore cinq secondes auparavant qu’on en avait absolument besoin. C’est cette culture que Jack Lalli met en scène. Les personnages parlent des disques qu’ils possèdent, mais également de ceux qu’ils voudraient posséder. Les références aux artistes, aux groupes et aux albums accompagnent leurs aventures. 

Au fil des pages, on comprend alors assez vite le sens du mot « risques » du titre ! La quatrième de couv’ prévient d’ailleurs le lecteur : « La musique adoucit les mœurs, c’est vrai… ce n’est pas toujours le cas chez les collectionneurs ! ». Quiconque a déjà vu deux amateurs discuter de la valeur d’un pressage original devrait saisir l’allusion.

Le vinyle avant qu’il redevienne à la mode

Un des intérêts de Collector’s tient à la génération racontée par Jack Lalli. Aujourd’hui, acheter un vinyle peut être un choix esthétique. Les maisons de disques multiplient les rééditions, les éditions colorées, les coffrets et les séries limitées. Le disque est redevenu un bel objet que l’on expose volontiers. Mais Chez Lalli et ses compagnons de route, l’histoire commence bien avant tout cela. 45 ou 33, les vinyles étaient simplement les supports sur lesquels arrivait la musique. On achetait un disque pour entendre un morceau. On lisait la pochette. On regardait qui avait produit l’album, qui jouait de quoi, où il avait été enregistré, puis on le faisait écouter à quelqu’un. Un disque pouvait devenir la porte d’entrée vers un autre groupe et provoquer une nouvelle recherche.

Un album rappelle une époque, une personne, un appartement, parfois un concert. Un disque acheté à Londres ne ressemble plus tout à fait au même disque commandé quarante ans plus tard sur Internet. Musicalement, évidemment, rien n’a changé. Mais l’objet a récupéré au passage une histoire personnelle. Jack Lalli résume lui-même cette fidélité avec une phrase toute simple : « notre plaisir est resté toujours le même : écouter la musique. »

Jack Lalli, vieux routier du rock azuréen

Le choix du sujet n’a rien d’accidentel. Jack Lalli traîne depuis longtemps dans les parages du rock, particulièrement sur la Côte d’Azur. Animateur et programmateur sur la FM où l’on pouvait croiser Robert Plant, Iggy Pop, B.B. King ou Alice Cooper et, quelques morceaux plus loin, des groupes de la scène niçoise. Il a consacré des émissions à Thin Lizzy, au rockabilly ou au hard rock des années 70 et reçu des musiciens locaux. Cette proximité avec les artistes et avec la scène régionale avait déjà largement nourri « RockAstoria », son précédent livre. Réédité en 2023, RockAstoria rassemblait des souvenirs, des chroniques et des rencontres accumulés au cours d’une longue fréquentation du milieu rock. Nice y occupait naturellement une place importante.

Jack Lalli a aussi entrepris de conserver une partie de cette mémoire sur son site Ma Rock Story. Son abécédaire des groupes de Nice, des Alpes-Maritimes, du Var et de Monaco remonte jusqu’aux années 60 et fait réapparaître des noms parfois largement sortis des radars : Les Chats Sauvages bien sûr, mais aussi Les Dickens, Les Loups Garous, Carpe Diem, Shylock, Karoline et beaucoup d’autres.

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« Collector’s – Collectionner des disques n’est pas sans risques ! » de Jack Lalli aux Éditions Campanile. Disponible ici et dans toutes les bonnes librairies.

Par :

Écrit par: Poptastic Radio

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