Blur, Gorillaz, The Good, The Bad and The Queen et dernièrement Africa Express. Derrière tous ces groupes et projets, qui ont tous connu le succès, un nom revient, omniprésent dans la musique anglaise de ces 25 dernières années, celui de Damon Albarn.
On ne peut qu’être impressionné par la créativité prolifique voire intarissable de celui qu’on cantonnait dans les 90’s, à une lutte pour savoir qui de Blur ou d’Oasis était le meilleur groupe anglais. Question stérile s’il en est - ni l’un ni l’autre est certainement la meilleure réponse – car, le temps ayant passé, Damon Albarn a réellement pris son envol artistiquement parlant et ce certainement à partir de l’album « Think Tank» (2003) de Blur. Depuis, c’est un festival permanent. Blur quasi enterré, Gorillaz allait pulvériser les genres musicaux, The Good The Bad and The Queen devenir un des rares supergroupes alliant distribution impeccable et qualité artistique irréprochable. Damon Albarn a aussi défriché, en produisant des musiciens africains peu connus mais aussi collaborant avec l’immense Tony Allen. Mais il y a une chose, qu’incroyablement, Albarn n’avait en 25 ans de carrière jamais réalisée : un album solo. Ce fut chose faite en 2014 avec le magnifique « Everyday Robots ».

À l’image de sa pochette Damon Albarn y apparait plus nu que d’habitude, se livrant comme jamais dans un disque épuré et intime, les chansons se parant du strict nécessaire, jamais surchargées. Mais les compositions sont d’une telle qualité que la nudité leur sied parfaitement. Mais attention, j’entends par « nudité » non pas une pauvreté dans les arrangements, bien au contraire on entend ici une multitude d’instruments aussi bien acoustiques que synthétiques, mais l’expression d’une simplicité, l’absence d’effets de manche ou de poudre aux yeux. Chaque titre est ici mis superbement en valeur par des arrangements toujours sobres et modestes, ce que Muse ne saura jamais faire en somme.
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