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Damon Albarn – Everyday robots – 2014

Rédaction : le 28 septembre 2019

Blur, Gorillaz, The Good, The Bad and The Queen et dernièrement Africa Express. Derrière tous ces groupes et projets, qui ont tous connu le succès, un nom revient, omniprésent dans la musique anglaise de ces 25 dernières années, celui de Damon Albarn.

On ne peut qu’être impressionné par la créativité prolifique voire intarissable de celui qu’on cantonnait dans les 90’s, à une lutte pour savoir qui de Blur ou d’Oasis était le meilleur groupe anglais. Question stérile s’il en est - ni l’un ni l’autre est certainement la meilleure réponse – car, le temps ayant passé, Damon Albarn a réellement pris son envol artistiquement parlant et ce certainement à partir de l’album « Think Tank» (2003) de Blur. Depuis, c’est un festival permanent. Blur quasi enterré, Gorillaz allait pulvériser les genres musicaux, The Good The Bad and The Queen devenir un des rares supergroupes alliant distribution impeccable et qualité artistique irréprochable. Damon Albarn a aussi défriché, en produisant des musiciens africains peu connus mais aussi collaborant avec l’immense Tony Allen. Mais il y a une chose, qu’incroyablement, Albarn n’avait en 25 ans de carrière jamais réalisée : un album solo. Ce fut chose faite en 2014 avec le magnifique « Everyday Robots ».

Damon Albarn - Everyday RobotsÀ l’image de sa pochette Damon Albarn y apparait plus nu que d’habitude, se livrant comme jamais dans un disque épuré et intime, les chansons se parant du strict nécessaire, jamais surchargées. Mais les compositions sont d’une telle qualité que la nudité leur sied parfaitement. Mais attention, j’entends par « nudité » non pas une pauvreté dans les arrangements, bien au contraire on entend ici une multitude d’instruments aussi bien acoustiques que synthétiques, mais l’expression d’une simplicité, l’absence d’effets de manche ou de poudre aux yeux. Chaque titre est ici mis superbement en valeur par des arrangements toujours sobres et modestes, ce que Muse ne saura jamais faire en somme.

Albarn crée un disque à l’atmosphère souvent ralentie, comme en apesanteur dans laquelle sa voix adulte et sereine fait merveille. On retrouve des relents pop, des programmations électroniques, des influences africaines qui s’entremêlent aussi délicatement que possible.
Cet album se déguste, idéal pour les soirées d’hiver, il vous enveloppera dans un cocon qui rebutera peut-être ceux en quête d’émotions fortes et de feux d’artifices. Mais il serait vraiment dommage de passer à côté de perles telles que « Lonely Press Play » ; « Selfish Giant » ; « Hostiles » ou le carribéen et chaloupé « Mr Tembo ». On entend même sur « Heavy Seas Of Love » le grand Brian Eno venir pousser la chansonnette. Avec cet « Everyday Robots », Damon Albarn composait enfin le grand album solo sensible, intime et inspiré de bout en bout, celui de la maturité en somme.

Christophe Billars.
Retrouvez ses chroniques également sur le blog Galettes Vinyles

À écouter : Lonely Press Play – The Selfish Giant – Everyday Robots

Damon Albarn - Everyday RobotsÉcoutez des extraits de Everyday Robots de Damon Albarn dans les playlists de Poptastic Radio.