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Mes disques de A à Z : B comme Beatles

rédigé par le 6 novembre 2021

Comment écrire sur un groupe à propos duquel tout a déjà été dit, chaque album disséqué et qui a alimenté tant et tant de fantasmes et de passions depuis 50 ans ? Cela me semble tellement impossible que je resterai modeste et fidèle à l’esprit de cette rubrique à savoir prendre les disques comme ils viennent, sans à priori, dans le but de les faire découvrir ou redécouvrir de manière totalement subjective.

Chacun a une histoire avec les Beatles, on ne fait pas partie du patrimoine culturel mondial par hasard. La mienne débute en 1982 lors d’un voyage scolaire en Angleterre durant le dernier trimestre de mon année de 3ème. Passer quelques jours à Londres quand on vient d’une ville ardéchoise ne peut pas être anodin. Je me souviens du long voyage en car, de la famille d’Orpington chez qui nous logions deux amis et moi, des affreux petits pois d’un vert forcément artificiel, des toasts du matin et je me souviens surtout d’une cassette, achetée à l’occasion intitulée « The Beatles – Oldies But Goldies », ou quelque chose d’approchant, que j’ai perdue depuis longtemps. Sur un fond jaune pâle, la pochette étalait des couleurs très vives, je ne me rappelle pas ce qui y était représenté mais ce fut évidemment un choc. Le choc de découvrir cette compilation de tubes tous plus incroyables les uns que les autres. Je sais que le premier titre était « She Loves You ». On ne se remet pas de ce genre de truc à 13 ans quand on a été biberonné aux « Numéro 1 » de Maritie et Gilbert Carpentier. Oui, il existait autre chose que Serge Lama, Michel Sardou et autres artistes poussifs de la variété française de l’époque.

Aujourd’hui, j’ai découvert beaucoup d’autres artistes très talentueux, dans des genres musicaux variés mais rien n’a effacé ce bonheur à l’écoute de cette cassette originelle, jamais les Beatles ne m’ont lassé, bien au contraire, j’ai appris à les apprécier encore plus en découvrant leur discographie. Promenons-nous dans les disques des Fab Four pendant quelques rubriques de « Mes disques de A à Z » en commençant par le premier d’entre eux « Please, Please Me » sorti en 1963.

Please, Please Me - 1963

The Beatles est déjà un groupe rodé sur scène en particulier à Liverpool à la fameuse Cavern, « Please, Please Me » est donc enregistré en 1963 dans les conditions du live. L’album témoigne de ce qu’étaient à l’époque les Beatles en concert : deux guitares, une basse et une batterie pour un album frais, simple et d’une efficacité redoutable en ce qui concerne ses singles qui vont déclencher la fameuse Beatlemania.

Première originalité pour l’époque, le groupe tient à composer lui-même les chansons qui vont constituer l’ossature de l’album. Sur les 14 titres de « Please, Please Me », 8 sont déjà cosignées Lennon/Mc Cartney, ce qui deviendra l’association la plus exceptionnelle de l’histoire de la pop music.

chronique beatles please please me

Les 6 autres titres sont des reprises d’artistes aussi variés que The Shirelles, un groupe de filles, avec « Boys », chanté par Ringo, et « Baby, It’s You », The Cookies avec « Chains » interprété par Georges Harrison ou encore le fameux « Twist And Shout » des Isley Brothers que les Beatles vont dynamiter et s’approprier au point d’éclipser à tout jamais la version originale. Le résultat est assez réussi si on aime les sucreries comme ce « Anna (Go To Him) » d’Arthur Alexander ou le « Taste Of Honey » d’Herb Alpert qui pourrait être la chanson d’un western. Mais l’essentiel est dans les titres de Lennon et Mc Cartney. Les méconnues « Misery »; « Ask Me Why » et « P.S. I Love You” n’ont pas à rougir des reprises qu’elles côtoient. Le duo Lennon-McCartney fonctionne bien sur « Misery » et les maracas de Ringo agrémentent joliment « P.S. I Love You ». Bien sûr « Do You Know A Secret » et « « There’s A Place » ne laissent pas un souvenir impérissable mais 3 titres sont passés à la postérité : tout d’abord « Love Me Do » et « Please, Please me » et leur harmonica, aux mélodies immédiatement accrocheuses qui annoncent la capacité du groupe à composer des tubes planétaires immortels. Mais ma préférence va à « I Saw Her Standing There » plus nerveux et rehaussé de claps placés en ouverture de l’album.

Frais, sans calcul, « Please, please me » a le mérite de lancer le groupe sur la voie du succès.

With The Beatles - 1963

Enregistré seulement 4 mois après le premier album, « With The Beatles » est composé de 8 chansons originales et de 6 reprises. Malheureusement il ne contient pas les tubes de l’époque, ceux-ci étant sortis en singles. En effet et excusez du peu, les titres « From Me To You » « She Loves You » et « I Want To Hold Your Hand » à savoir 3 classiques du groupe n’ont été publiés qu’en singles.  Forcément le niveau d’ensemble du disque en souffre. On note peu d’évolution par rapport à « Please, Please Me » et il est assez difficile en l’écoutant aujourd’hui d’y déceler les prodiges qui vont suivre. Se démarquent cependant certains titres dont le nerveux « It Won’t Be Long » ou encore le très bon « All My Loving ».

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George Harrison y publie sa première composition « Don’t bother me » qui ne détonne en rien par rapport au reste de l’album.

A Hard Day's Night - 1964

« A Hard Day’s Night », bande originale du film éponyme, le 3ème album des Beatles date de 1964. Il marque un saut qualitatif impressionnant et fait accéder le groupe à une notoriété planétaire qu’aucun musicien n’a jamais connue auparavant. Pour la première fois on ne trouve aucune reprise et le duo Lennon/Mc Cartney fait déjà plus que des étincelles, il brille littéralement. De plus, les conditions d’enregistrement - George Martin s’est muni d’un magnétophone 4 pistes - vont permettre aux Beatles de travailler les arrangements des chansons, de faire des essais pour trouver la bonne formule, d’enregistrer les voix après les parties instrumentales.

La chanson titre est un départ absolument explosif. Comment résister à ce titre qui deviendra un classique intemporel, quintessence de l’art du groupe à l’époque ? Eux seuls sont alors capables de composer des hits tels que « A Hard Day’s Night » Outre la chanson titre et « Can’t Buy Me Love », tubes planétaires, l’album recèle nombre de trouvailles mélodiques et d’arrangements beaucoup plus élaborées.

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Le groupe grandit, progresse en maturité. « I Should Have Known Better” et son intro Dylanienne ou encore la superbe « If I Fell » sur laquelle Lennon et McCartney produisent des harmonies vocales très réussies en sont la preuve. Sur « And I Love Her », magnifique balade acoustique rythmée par des percussions, le groupe annonce déjà les splendeurs futures.

Lennon, véritable cerveau créatif de l’album, brille sur les énergiques « Any Time At All » et « When I Get Home » mais son compère Paul n’est pas en reste avec la somptueuse « Things We Said Today ». Si Paul et John se révèlent complémentaires, ils se distinguent aussi, à John une approche d’ensemble plus rock et pour Paul des titres plus pop, basés sur des mélodies et des arrangements soyeux.

Que de chemin parcouru en l’espace d’à peine 2 ans ! « A Hard Day’s Night » est le premier disque totalement indispensable des Beatles, et augure déjà d’un futur radieux.

Beatles For Sale - 1964

En 1964, en pleine Beatlemania, enchainant les concerts, les Beatles sont tenus par leurs producteurs d’enregistrer deux albums par an. Ce qui est le plus réussi dans « Beatles For Sale » est peut-être la pochette où pointe une tonalité plus sombre peut-être due à l’épuisement du groupe. L’album comporte à nouveau 6 reprises et marque un certain essoufflement dans la créativité des Beatles. S’il est loin d’être mauvais, ce disque peine à proposer des titres marquants exception faite de « Eight Days A Week ». De plus, « I Feel Fine » ne sortira qu’en single.

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On retient également la charmante et trop méconnue « I’ll Follow The Sun » de Mc Cartney mais la tonalité générale de l’album marque une baisse de l’enthousiasme et de l’énergie du groupe perceptible à l’écoute.

On sait cependant aujourd’hui que cette phase de surplace précède de peu ce qui reste aujourd’hui la plus formidable série d’albums de l’histoire de la pop music.

Alors vivement le prochain épisode pour ce groupe « oldie » mais tellement « goldie ».

chronique beatles a hard day s nightÉcoutez les singles et les titres des différents albums des Beatles dans la programmation de Poptastic Radio.

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles


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