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Metronomy : un festival de mélodies avec Small World

rédigé par le 23 mars 2022

On ne présente plus Metronomy en 2022. Cela fait maintenant plus de 10 ans, depuis la sortie de « The English Riviera » (2011) que le groupe originaire du Devon en Angleterre survole la planète pop.

Je te renvoie cher lecteur à cet article paru ici-même à l’occasion de la sortie du précédent et gargantuesque « Metronomy Forever » (2019) pour reprendre le fil de l’histoire.

Il est cependant nécessaire de rappeler à quel point le groupe n’en est véritablement un que sur scène car Metronomy est d’abord et avant tout la créature de Joseph Mount. D’ailleurs il suffit de jeter un œil sur les notes de pochette de ce 7ème album « Small World » pour s’en convaincre : tous les titres sont écrits et composés par Joseph Mount sauf 2 coécrits. Joseph joue de la batterie, de la basse, des claviers divers et variés, de l’orgue et a coproduit l’album. Ceci pour mesurer l’emprise créative de Mount sur l’œuvre Metronomyesque et que je ne remercierai jamais assez d’avoir su redonner à la pop ce qui fait sa singularité, toucher au cœur des émotions tout en réussissant le tour de force de donner des fourmis dans les jambes et tout cela sans jamais être indigeste.

Après l’incroyable exubérance créative de « Metronomy Forever », Mount s’est recentré sur l’essentiel et ce qu’il sait faire de mieux : les mélodies. Élaboré durant le confinement, l’album en a tiré son titre « Small World », à l’image du resserrement que nous avons tous vécu à cette même période. Du coup, la musique de Metronomy s’est aussi resserrée vers des arrangements plus dépouillés autour de quelques nappes de claviers, d’un piano clef de voûte de l’édifice et de guitares souvent sobres et acoustiques. Pour atteindre à cette simplicité, Mount se devait de proposer des titres solides, dont la qualité n’aurait nul besoin d’enrobages inutiles. C’est chose faite avec ces 9 titres, tous excellents à commencer par « Life and Death », surprenant et magnifique début d’album, à la triste mélodie mélancolique, aux arrangements dépouillés et somptueux autour d’un piano qui coule tel un ruisseau d’eau pure à peine rehaussé par quelques nappes de synthés. « Things Will Be Fine » avec sa ritournelle simple et efficace a tout du tube pop imparable qui s’insinue dans nos têtes de façon irrépressible et la montée de sève au milieu de la chanson provoque des frissons. C’est simple, c’est évident, c’est beau.

Le festival pop continue avec le single qui avait précédé l’album et était annonciateur du bonheur à venir, « It’s Good To Be Back ». Rarement tube aura été aussi joyeux et entrainant tout en mettant encore en évidence le génie mélodique de Joseph Mount. Où va-t-il chercher toutes ces idées, ce gimmick répétitif et entêtant, cette mélodie subtile et parfaite ? Le filon semble inépuisable en ce qui le concerne. Mettez ce titre à fond dans votre voiture ou votre casque le matin avant d’aller au travail et votre journée en sera transformée. Oui, c’est certain, pour Metronomy it’s good to be back.

à lire  Metronomy Forever l'éruption créative
metronomy small world

On enchaîne avec le plus sombre « Loneliness on The Run », parfaite ballade en demi-teinte avant une nouvelle perle de pop plus-que-parfaite intitulée « Love Factory ». La mélodie limpide de cette « factory » confirme que Metronomy est une usine à tubes à la production ininterrompue depuis plus de 10 ans sans que la qualité n’en soit affectée.

Sur la face 2 l’album continue sur sa lancée, imperturbable, enchaînant les titres de haute volée comme ce « Right on Time » aussi radieux qu’ensoleillé ou le sautillant « Hold Me Tonight » qui n’est pas sans rappeler le Cure version pop période « The Head on The Door » (1985) jusque dans le timbre de voix de Dana Margolin avec qui Joseph chante le titre en duo.

On quitte « Small World » avec la somptueuse et apaisée « I Have Seen Enough » où Joseph Mount fait son crooner désabusé ne s’interrompant que le temps d’un solo de piano d’une douceur ouatée.

7 albums donc pour Metronomy et pas l’ombre de l’esquisse d’une baisse de régime. Mount et ses acolytes règnent sans partage sur la pop anglaise et on ne voit pas qui pourrait les détrôner. « Small World » n’a rien d’un rétrécissement, bien au contraire, c’est l’album d’artistes ayant totalement confiance en leur talent, à qui l’avenir est prometteur et que plus rien ne limite.

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles

metronomy small worldÉcoutez Metronomy dans la programmation de Poptastic Radio.