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Certains seront peut-être surpris d’apprendre que l’un des producteurs et arrangeurs les plus renommés de la Pop anglaise est un gentleman yankee tout droit débarqué de la très bluesy Chicago où il voit le jour en 1937.
Assez vite le jeune Sheldon démontre un intérêt certain pour la musique et la technologie.
Ayant obtenu avec succès son diplôme d’ingénieur du son en 1955, il commence à travailler dans un studio de Los Angeles réalisant des enregistrements pour des artistes assez mineurs, principalement des groupes de surf rock ou de Rhythm and Blues.
Un début de carrière pas forcément des plus prestigieux mais qui lui permettra d’expérimenter à loisir, différentes techniques d’enregistrement et de production.
Sa carrière prend son envol en 1962 lorsqu’un ami lui offre l’opportunité de rejoindre la Grande-Bretagne et le marché du disque.
Débarquant d’abord chez Decca Records, il va commencer à se faire la main auprès de groupes mineurs du catalogue avant que le destin ne le place sur la route d’un groupe de Muswell Hill dirigés par deux frères querelleurs : The Ravens.
Renommé The Kinks, le groupe Pop anglais désormais signé chez Pye Records va enregistrer sous sa direction un single depuis considéré comme l’un des piliers fondateurs du hard rock et du punk ‘’You Really Got Me’’, avec son de guitare distordue et le jeu tout en puissance de Dave Davies, le single va atteindre la première place des charts britanniques et marquer le début d’une fructueuse collaboration entre le producteur américain et ses nouveaux poulains.
Avec Ray Davies, chanteur et génial compositeur de la grande majorité des titres du groupe, il va donner à l‘Angleterre quelques-unes de ses plus belles pièces d’orfèvrerie Pop de ‘’Tired of Waiting You’’ à ‘’Waterloo Sunset’’ en passant par ‘’Sunny Afternoon’’.Une collaboration fructueuse qui va prendre brutalement fin en 1967, quand Ray Davies, alors quelque peu frustré créativement, préféra désormais se charger seul de la production des disques des Kinks afin de réaliser des albums plus complexes (voir article Village Green Preservation Society). Une décision qui laissera Talmy quelque peu amer et qui ne se fera désormais pas prier pour faire remarquer que le groupe n’a plus jamais réussi à retrouver le succès qu’il avait lorsqu’il était sous sa tutelle.
Ce travail avec les Hillbillies de Muswell va le mener à être contacté en 1965 par un jeune animateur du nom de Pete Townshend ; après une audition téléphonique convaincante, ils s’empressent de faire signer chez Decca le groupe de ce dernier : les Who.
Il va alors s’atteler à faire rentrer de manière fulgurante ces derniers dans les charts et la légende, en produisant leurs premiers et meilleurs singles ‘’I Can’t Explain’’, « The Kids are Alright’’et surtout le mythique ‘’My Generation’’, hymne ultime de l’ère du Swinging London.
Malheureusement ce départ canon va être gâché par des tensions vives avec le manager du groupe Kit Lambert qui le mèneront à abandonner son poste après la sortie du premier album du groupe de rock britannique (le bien nommé « My Generation« ).
Tout ne sera pas perdu pour autant puisqu’il parviendra avec roublardise à s’approprier les droits quasi-exclusifs des chansons produites, s’assurant alors un revenu plus que confortable jusqu’à la fin de ses jours.Il prendra ensuite sous son aile les australiens des Easybeats, icônes dans leur patrie venues s’attaquer au marché du Rock anglais (voir article Easybeats) et mettra en écrin ‘’Friday on my Mind’’, autre tube anglais iconique, à ajouter à son impressionnant palmarès.
Exemple type de l’implacable méthode Talmy : un riff simple et percutant en deux notes jouées qui accompagne le couplet où le chanteur Stevie Wright nous énumère avec tension chaque jour de la semaine d’un jeune travailleur, faisant monter chaque jour un peu plus la frustration (« Monday morning feels so bad’’) et l’attente de la libération (« Cos I’ll have Friday on my mind !’’) qui surgit dans un refrain puissant joué en majeur et porté par le renfort des chœurs de Young et Vanda qui accompagnent leur chanteur dans sa célébration des joies du week-end. Bref, un sujet universel pour la jeunesse des sixties servi par une musique rock nerveuse et efficace ; la recette assurée pour créer un tube qui perdura à travers les âges.
Cela nous prendrait encore des dizaines de lignes, entières pour citer toutes les chansons mémorables sur lesquelles il a laissé sa patte géniale mais il serait criminel de ne pas évoquer son travail avec les magiciens multicolores de The Creation avec lesquels il engendra le cultissime Making Time.
Citons aussi qu’il sera celui qui lança les carrières des jeunes David Jones et Ian Fraser que l’histoire retiendra sous les noms de David Bowie et Lemmy Kilmister.
Avec celui qui deviendra l’icône absolu des seventies, il enregistrera au cours des débuts trop méconnus de sa carrière, quelques titres pour son groupe The Manish Boys. Le futur bassiste d’Hawkwind et Motorhead croisera sa route au sein des Rockin’ Vickers, groupe relativement méconnu qui obtiendra un étonnant succès en Finlande et Yougoslavie avec une reprise de ‘’Zing Went to the Strings of my Heart’’, chapeauté par notre gentleman yankee.
Il tombera peu à peu dans l’oubli au début des seventies mais non sans laisser un héritage et une empreinte indélébile sur la Pop music britannique, le consacrant à jamais au panthéon de ces artisans des ténèbres qui permettent à d’autres de briller de leur toute splendeur dans la lumière.
François Bertothy
f.bertothy@poptastic-radio.com
Facebook : www.facebook.com/PleaseMrJukebox
Par :
Passionné et grand connaisseur des groupes des années 60 et 70. L'homme, malgré son apparence flegmatique (so British ?), se met en mouvement dès qu'on lui parle musique. Une expérience intéressante à réaliser montre en main : le faire pénétrer chez un disquaire qu'il vient de découvrir.
Écrit par: Bertothy François
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Une playlist nocturne mêlant ballades rock et titres plus posés, idéale pour accompagner les nuits, les moments calmes et les ambiances introspectives.
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