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The Beatles le Double blanc

rédigé par le 4 juin 2022

Ce 9ème album des Beatles, le fameux « White Album » ou « Double blanc » n'est pas le premier double album de l'histoire. En effet, Bob Dylan a inauguré le genre 2 ans auparavant avec l'intemporel « Blonde on Blonde » (1966) et Frank Zappa lui a emboité le pas avec « Freak Out ! » (1966). L'année de la sortie de « The Beatles » c'est Jimi Hendrix qui marquera l'histoire avec son « Electric Ladyland » (1968) et sa pochette à sensations. Ces disques allaient inaugurer la tradition des grands doubles albums de la fin des 60's et des 70's. La mythique pochette entièrement blanche où seul le nom du groupe apparaît en dit long sur la notoriété des Beatles à l'époque, qui n'ont même plus besoin d'apparaitre sur la pochette. Mais ce blanc peut également symboliser une forme de retour aux sources des débuts, en effet, après les expérimentations de tous ordres des disques précédents, les Beatles reviennent ici à un son plus épuré, plus simple et direct, plus rock.

The Beatles le double album blanc des BeatlesMais si « The Beatles » n'est pas le premier, il est mon premier à double titre. Mon premier album des Beatles. Mon premier double album. Jusqu'alors, je ne connaissais le groupe que par ses singles, innombrables, mais c'est avec « The Beatles » que je me plongeais pour la première fois en profondeur dans la production des Fab Four. Ce devait être en 86 ou 87. Et quelle claque ! Car c'est peut-être bien dans les titres moins connus, tout est relatif cependant, parmi les 30 que comporte l'album qu'il faut aller chercher ceux qui ont ma préférence. On a souvent entendu dire, et c'est vrai, que l'ambiance a été très tendue lors des sessions du « White Album », Ringo ayant même quitté les lieux pour partir en vacances, que la présence continuelle de Yoko Ono aurait plus qu'ennuyé les autres membres du groupe, c'est possible. Mais dire que cela s'entend sur l'album n'est à mon avis qu'une reconstruction à la lumière de ces faits. Alors oui, sur la pochette intérieure, les 4 Beatles apparaissent chacun dans un cadre, séparés les uns des autres, mais le disque affiche un niveau de qualité tel dans la plupart des compositions que finalement, tout ça, on s'en fiche un peu. Seul le résultat compte, et le résultat, ici, est encore une fois époustouflant.

Les 4 Beatles vont donc chacun apporter leurs compos pour élaborer les 1h30 du « White Album ». Ringo Starr signe et interprète « Don't Pass Me By », première de ses chansons à être retenue sur un album du groupe qui, si elle n'atteint pas les sommets des autres membres, est un exercice entrainant et countrysant. Mais les chefs d'oeuvre sont, comme d'habitude, signés Harrison et surtout Lennon et McCartney. Cependant, réduire l'importance d'Harrison sur cet album serait une grave erreur car parmi ses 4 compositions, 2 au moins sont des monuments. Tout d'abord on ne présente plus « While My Guitar Gently Weeps », une des plus grandes chansons de tous les temps, au solo de guitare signé par Eric Clapton, à la mélodie intemporelle, elle figure sur toutes les compilations du groupe.

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« Piggies » qui est une critique acerbe des bourgeois établis, commence comme une ritournelle au clavecin que viendront étoffer des cordes. Ce titre est surtout passé à la postérité à cause de Charles Manson qui y a vu avec « Helter Skelter », toujours du même album, un appel au meurtre. Par contre la plus méconnue et pourtant extraordinaire « Savoy Truffle » est une de mes chansons préférées des Beatles. Placée presque à la fin du disque, sa section de cuivres énergique, son rythme enlevé et sa tonalité presque soul ne la destinaient peut-être pas à la pleine lumière ; à tort. Il m'a d'ailleurs fallu pas mal de temps et d'écoutes de l'album pour la découvrir et l'apprécier à sa juste valeur.

Mais ce sont bien Lennon et McCartney, encore une fois, par la quantité et la qualité des titres, qui portent « The Beatles » au plus haut. Que dire tant le niveau est impressionnant ?

Côté McCartney, on est parfois surpris par la tonalité rock'n'roll comme avec « Back In The USSR », « Birthday »   ou « Why Don't We Do It In The Road? », qu'il enregistre tout seul, voire heavy sur « Helter Skelter » qui n'est pas mon titre préféré loin de là et pourtant très souvent repris entre autres par U2 ou Oasis sur scène. Il est aussi responsable du gentil « Ob-La-Di, Ob-La-Da », paraît-il détesté par Lennon et qui pourtant avec sa mélodie facile qui rentre dans la tête fut un immense succès. On trouve également la sympathique « Rocky Rackoon » aux accents country et aux arrangements très dépouillés, seuls un harmonica et un piano bastringue viennent perturber le cours tranquille de la chanson. Mais c'est bien sur des chansons plus pop et mélodiques ou encore des ballades que McCartney atteint des sommets sur le disque. « Martha My Dear » témoigne encore une fois de son génie mélodique sur ce titre mid tempo aux arrangements de cuivres et de cordes somptueux. « Blackbird » se contente d'une guitare acoustique et de la voix de Paul qui fait merveille sur ce bijou folk d'une délicatesse absolue. Plus loin, on trouve une autre perle avec « I Will » toujours aussi dépouillée et subtile avec une guitare acoustique, des percussions et même Paul qui chante la ligne de basse. « Mother Nature's Son » enfin est un magnifique hymne folk à la nature rehaussé cependant de cuivres et de percussions qui lui donnent de l'ampleur.

John Lennon va également se surpasser pour le Double blanc. Découvrir, sur la face 1, des titres aussi extraordinaires que « Dear Prudence », « Glass Onion » ou encore « Happinness Is a Warm Gun », qui ne se trouvent pas sur les compilations du groupe, donne une idée du niveau du disque. Caractéristique du style que Lennon adoptera dans ses albums solos, « Dear Prudence » fait la part belle aux guitares tout en restant d’une légèreté absolue, « Glass Onion » est un titre pop quasi parfait, troué par un intermède de cordes incongru dans la partie finale tandis que « Happinness Is a Warm Gun » a une structure si complexe qu’elle semble contenir plusieurs chansons différentes en son sein.

On trouve plus loin « I’m So Tired » qui porte si bien son nom tant la chanson évoque la fatigue mais ce sont surtout 4 titres qui se détachent dans la 2ème partie de l’album. Tout d’abord la somptueuse « Julia » que Lennon écrit pour sa mère est une magnifique ballade acoustique et mélancolique. Ensuite on rencontre avec « Sexie Sadie » un chef d’œuvre pop absolu, porté par le piano de Paul et des chœurs fabuleux et « Cry Baby, Cry » qui ressemble à la fois à une berceuse pour enfants et à un titre pop. « Revolution 1 » enfin est un titre très blues, zébré de guitares électriques et rehaussé de chœurs curieusement très pop qui est devenu un classique du groupe et annonçait les futures chansons engagées de Lennon. Enfin bien entendu, on ne peut occulter les 8 minutes expérimentales de « Revolution 9 », collage sonore réalisé par Lennon, Harrisson et Yoko Ono

Les débats sont sans fin pour déterminer quel est le meilleur album des Beatles et loin de moi l’idée de trancher la question. Ce qui est certain c’est que les titres du « White Album » ont été repris une multitude de fois à travers les décennies et par des artistes très différents. J’ai déjà dit à quel point l’album m’avait personnellement marqué puisqu’étant le premier grâce auquel je découvrais le travail du groupe hors singles. Et puis s’il fallait un argument définitif, on peut dire que si c’est leur meilleur album c’est parce qu’il est double.

The Beatles le double album blanc des BeatlesRetrouvez des extraits de "The Beatles" dans la programmation de Poptastic Radio.

The Beatles White Album

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles

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Commentaires
  1. Régis   Sur   29 juin 2022 à 15 h 11 min

    Bonjour Christophe, très bel article consacré à ce superbe album pour un musicien, et plus encore pour le fan des BEATLES (et de PAUL) que je suis.
    Cela fait quelque temps que je n'ai pas lu quelque chose d'aussi bien ficelé sur cette double galette.
    Si vous aimez les BEATLES, n'hésitez pas à me contacter, je vous ferai partager mes trouvailles!
    Régis

    • Py   Sur   26 juillet 2022 à 23 h 52 min

      Bonjour Christophe, oui bel article, je confirme, je suis fan des Beatles surtout à partir de 66 avec st Peppers mais le blanc et Abbey road m'ont servi d'école puisque c'est grâce ou à cause d'eux que je suis dans la musique, toujours à essayer de m'approcher de leur son, d'ailleurs je vais sortir un album en septembre qui va s'appeler j'aimerais Tant.. et je parle dans une de mes chansons des Beatles comme étant mes professeurs particuliers.
      Voilà, si on jour tu veux écrire sur mon album, ça serait un plaisir .
      Bien à toi
      Dominique

    • Thierry   Sur   23 août 2022 à 10 h 27 min

      Oui. Il s'agit bien d'un des disques sinon du disque le plus extraordinaire et inusable de tous les temps. Parmi les titres phares, j'aurais cité le Yer blues, un autre sommet remarquable par sa sonorité live, son énergie et son caractère faussement parodique.

  2. Daniel DUPASQUIER   Sur   29 août 2022 à 13 h 08 min

    Pour les l’inconditionnels, il est urgent de télécharger Beatles Radio et écouter les Fabfour en boucle plus reprises de leurs titres par d’autres artistes. C’est bien le plus grand groupe planétaire. Je le sais depuis I wanna be your man que j’écoutais petit garçon il y’a presque 60 ans .

    • PATERNIERI   Sur   11 septembre 2022 à 15 h 27 min

      Entièrement d accord avec vous Daniel, on a jamais fait mieux que les Beatles et on ne fera jamais mieux. De plus s ils n avaient existé tous les autres grands groupes Anglais des années 70 tels Led Zeppelin, Pink Floyd, Les Who, Deep purple... et surtout les Stones (si un groupe de Liverpool devenait mondialement connu. il était primordial qu un groupe de la capitale Londre le devienne aussi) n auraient pas existé aussi.
      De plus ils le méritent. Ils en ont chié eux avec Hambourg alors que d autres fils à papa l ont coule douce.

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