King Gizzard and the Lizard Wizard, conquérants psychédéliques

King Gizzard and the Lizard Wizard, derrière ce nom difficilement prononçable sans un minimum d’entraînement, se cache le groupe de rock psychédélique le plus fou et inventif du moment.
Si vous n’avez pas encore la chance de connaître cette bande de grands tarés échappés du bush australien, alors un petit retour s’impose..

Originaire de la banlieue de Melbourne, King Gizzard s’inscrit dans la vague actuelle du psychédélique dont on peut citer comme chef de file The Temples, Ty Segall ou encore leurs compatriotes de Tame Impala et Pond.
Et bien qu’il n’ait pas encore atteint le seuil de popularité de ces derniers, son influence croît de jour en jour à grands coups de riffs puissants et frénétiques.

Rassemblé autour du prodige Stu Mackenzie, compositeur quasi-exclusif, guitariste et chanteur, cette petite horde de sept musiciens évolue autour d’un set ambitieux de trois guitares, deux batteries, une basse, un clavier auquel viennent s’ajouter selon les besoins des instruments plus originaux et exotiques comme la flûte traversière, sitar, la zurma turque ou le proto-synthétiseur thérémine.

Leur style se définit avant tout comme un Garage Rock nerveux et radical dans la plus pure tradition australienne.
Ajoutez y une bonne dose d’influence psyché, une pointe de surf rock, et des zestes de progressif, de jazz et de soul,et vous obtiendrez la recette de ce cocktail démentiel venu des antipodes.
Résultat d’influences parfaitement digérées (on pensera bien sur aux Doors et au King Lizard Jim Morrison mais aussi à Grateful Dead, Syd Barett, Hawkwind ou encore T-Rex) la musique du Lizard Wizard fait preuve d’une originalité et d’une qualité expérimentale parfois mise de côté par les formations de la scène revival.

Mais la plus grand force du groupe reste son hyperactivité créative. Pensez-donc, depuis 2012 la machine King Gizzard a publié plus de 11 albums ! Chaque opus se révélant être un prétexte pour renouveler le style du groupe autour d’un concept fort.
Parmi les plus notables citons le I’m In Your Mind Fuzz (2014), premier vrai succès d’estime du groupe, le très jazzy Quarters! (2015) composé de quatre titres de l’exacte même longueur (à la seconde près !), le petit bijoux de folk acoustique Paper Mâché Dream Balloon (2015) mais surtout le Nonagon Infinity (2016), chef d’œuvre de brutalité maîtrisée bâtit autour d’une boucle infinie ou chacun des neuf titres de l’album s’écoule l’un dans l’autre.

Et le rythme n’est pas prêt de baisser car ce n’est pas moins de cinq albums qui sont annoncés pour l’année 2017 !
Le premier rejeton de cette portée, l’album Flying Microtonal Banana, sorti en février dernier propose une exploration des intervalles micro-tonales (en gros des quarts de ton quasiment exclus du répertoire occidental classique mais très populaires en Orient) à l’aide de guitares savamment modifiées par Mackenzie et sa bande.
Son successeur Murder of the Universe est d’ailleurs disponible sur notre planète depuis le 23 juin.

King Gizzard, rock psychédélique australien
Et est-il besoin de préciser qu’un live de King Gizzard reste une expérience sensorielle des plus mémorable ? Véritable orgie sonore balayant tout sur son passage, agrémenté d’un light show hallucinatoire dans la plus pure veine floydienne. La tempête n’a d’ailleurs pas épargner Paris ou le groupe s’est arrêté le temps d’un concert exceptionnel et intense au bien nommé Cabaret Sauvage, le 22 juin dernier.

Maintenant que vous voilà averti, il ne vous reste plus qu’a lancer vos oreilles à l’assaut de l’univers chaotique et coloré du Roi Gésier.
François Bertothy. Facebook : www.facebook.com/PleaseMrJukebox
(photos : Paul Hudson).

Discographie du groupe sur le site Amazon.

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