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Mes disques de A à Z : The Auteurs - New Wave

Rédaction : le 3 octobre 2020

Il est des disques qui se rattachent à une période de notre vie, qui, dès que leurs premières notes résonnent, renvoient immanquablement toujours les mêmes images, les mêmes sensations de l’époque où nous les avons croisés pour la première fois.

Étant né un tout petit peu trop tôt, je n’eus pas la chance de faire partie de ceux pour qui le service militaire - « l’armée » - allait bientôt n’être définitivement plus qu’un truc auquel ils auraient eu la chance d’échapper. En ce qui me concerne, on me proposa, à cheval sur 1992 et 1993, un séjour de 10 mois, au lieu des 12 d’avant, une réduction de peine en somme, dans une base aérienne juste aux portes d’Aix en Provence. 10 mois d’ennui profond durant lesquels la sortie de nouveaux albums faisait office d’événement, durant lesquels également je découvrais les romans de James Ellroy. Mais c’est une autre affaire. Car l’album qui nous intéresse ici, avait été précédé d’une rumeur des plus élogieuses, de celles qui attisent le désir. Je me rappelle encore l’achat fébrile du CD de « New Wave », au début de 1993, premier album d’un groupe anglais inconnu, pompeusement nommé The Auteurs, avec sa pochette noir et blanc représentant le portrait daté d’un homme mystérieux à la fine moustache, qui fixe l’objectif, tout de noir vêtu, sauf un turban blanc qui enveloppe sa tête et retombe sur ses épaules. Et je me rappelle bien sûr la première écoute, quand chaque titre passé, on se dit que ça va s’arrêter là, qu’on ne peut pas tenir un tel niveau sur un album entier. Et que ça ne s’arrête pas.

27 ans plus tard, « New Wave » n’a rien perdu de son éclat, de sa brillance, de sa classe toute anglaise, de sa perfection pop. Le disque est un florilège de titres tous aussi impeccables les uns que les autres. Il possède les paillettes du glam, le sens mélodique et l’énergie des classiques, l’ironie satirique des meilleurs Kinks. Il s’inscrit en cela dans la grande tradition des plus grands disques du rock britannique et brille de 1000 feux toujours aussi vifs depuis 1993. Luke Haines, le cerveau du groupe, y balance d’une voix à la fois ouatée et nasillarde parmi les meilleures mélodies des 90’s. En effet comment résister aux chefs d’œuvre que sont « Show Girl », sommet introductif de l’album, « Junk Shop Clothes » sublime vignette mélancolique, « Starstuck » ou « Valet Parking » aux mélodies à tomber, « Idiot Brother » et son riff de guitare imparable, « Early Years » bombinette nerveuse et acérée ?

La question n’est que rhétorique bien sûr. On ne peut pas résister.

Quand on pense que bientôt, dans ces années-là, certains se battront pour savoir qui de Blur ou d’Oasis est le meilleur groupe anglais! The Auteurs les surclasse tous en roue libre. Jamais les frères Gallagher n’ont écrit des morceaux de la trempe de ce « How Could I Be Wrong » qui vaut à lui seul plus que l’ensemble de « Definitely Maybe ». La classe intergalactique.

Luke Haines et ses auteurs ont continué leur chemin durant 3 autres albums. Ils n’approcheront plus jamais l’ombre de ce premier album miraculeux. Je n’ai que peu écouté le second « Now I’m a cowboy » de 1994, plutôt un bon disque mais sans la grâce immaculée de « New Wave » puis me désintéressait des deux autres. Aujourd’hui cet album est là, comme au premier jour, au charme ineffaçable, ses chansons percutent toujours au centre de la cible, comme en ces temps de 1993, sur la base aérienne 214.

Christophe Billars

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles

The auteurs album new wave
Écoutez les singles et les titres des différents albums du groupe anglais The Auteurs dans la programmation de Poptastic Radio.


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