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Nouveaux albums : la sélection des sorties de septembre 2025

Écrit par Christophe Billars le 1 octobre 2025

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"En 4ème Vitesse" - La Sélection des sorties du mois de septembre 2025

Une fois n'est pas coutume, avant d'entamer cet « En 4ème Vitesse » du mois de septembre, j'aimerais, en préambule, réagir à la mort de Rick Davies, auteur, compositeur, pianiste, chanteur et demi-tête pensante de Supertramp. Je dois beaucoup aux super clochards dans mon apprentissage musical. Supertramp est sans doute le premier groupe dont je peux dire que j'ai été fan aux alentours de 14 ans alors que je rentrais au lycée, et que je commençais à explorer le vaste univers musical qui s'offrait à moi, insatisfait que j'étais déjà du tout-venant médiocre que je pouvais entendre à la radio. Je n'ai jamais renié ces premières amours même si Supertramp a toujours, me semble-t-il, été sous-estimé. Pourtant, ces mélodistes hors-pair que furent Rick Davies et Roger Hodgson, cette incroyable alchimie de voix aux tessitures opposées et signature musicale du groupe, ces excellents musiciens, ces chansons à la fois complexes, accrocheuses au possible et d'une mélancolie irrésistible ont contribué grandement à forger mon goût. Alors en hommage à Rick Davies, un extrait du formidable « Crisis ? What Crisis ? » (1976) intitulé « Another Man's Woman », révélateur de l'immense talent du bonhomme.

Ceci étant dit, reprenons le cours normal des choses. Septembre donc. Le groupe La Femme a bien compris dans « Septembre » extrait de l'album « Mystère » (2016) que ce mois de la rentrée provoquait la nostalgie de l'été qui se termine et le frisson du début de quelque chose de nouveau, annonciateur de rencontres, première marche vers un destin à écrire : « Pour 9 mois, me voilà condamné / Demain c'est le premier jour est-ce que je suis vraiment bien habillé / Je suis tout excité, maintenant à l'idée / De rencontrer la fille, qui partagera mon cœur et mes pensées ».

D'ailleurs en 1965, sur l'album « Barbara N°2 », cette dernière chantait peu ou prou la même chose, pleurant la fin d'un amour d'été sur le titre "Septembre" : « L'amour s'en va, mon cœur s'arrête / Quel joli temps pour se dire au revoir / Quel joli soir pour jouer ses vingt ans / Les fleurs portent déjà les couleurs de septembre ». Gilbert Bécaud lui, au contraire, considère sur « C'Est En Septembre » (1978) que « C'est en septembre / Que l'on peut vivre pour de vrai ». Mais revenons au rock avec Noir Désir et son « Septembre En Attendant » extrait de l'album « 666.667 Club » (1996) où sourd une angoisse de l'avenir que le talk-over de Cantat exacerbe ou encore Hubert-Félix Thiéfaine qui sur « Septembre Rose » extrait de l'album « Eros Über Alles » (1988) chantait dans son style si particulier la naissance de son fils « Oh! My son of the wind / My little wunderkind / Oh! Mon septembre rose / D'amour apothéose ».

Quand septembre devient « September », difficile d'échapper au tube disco funk d'Earth Wind And Fire sur l'album du même nom en 1978 qui n'a d'autre but que de faire danser en célébrant l'amour né en septembre « Ba-dee-ya, say, do you remember? / Te souviens-tu ? / Ba-dee-ya, dancin' in september / Quand on dansait en septembre / Ba-dee-ya, never was a cloudy day / Il n'y avait jamais de jours nuageux » . C'est aussi l'occasion de rappeler à notre souvenir The Shins de l'excellent James Mercer qui, lui aussi, chantait « September » dans une ballade acoustique extraite de l'album « Port Of Morrow » (2012). Par contre on peut se dispenser du « September » dégoulinant de Zucchero acoquiné avec Sting extrait de « D.O.C » (2019). Et puis bien entendu, impossible de ne pas mentionner le classique de Kurt Weill et Maxwell Anderson « September Song », écrit en 1938, repris depuis par tant d'artistes aussi divers que James Brown, Agnes Obel, Chet Baker, Ian McCulloch, Frank Sinatra, Lou Reed, David Bowie, Nick Cave, Wayne Shorter, Django Reinhardt, Willie Nelson, The Young Gods et même Dalida. Tous ont célébré le refrain « Oh, the days dwindle down to a precious few / Oh les jours diminuent jusqu'aux plus précieux / September, november and these few precious days / Septembre, novembre et ces quelques jours si précieux / I'll spend with you / Que je passerai avec toi ».

Mais il est temps de revenir à une actualité de septembre très riche en sorties d'albums.

Album Du Mois - David Byrne – Who Is The Sky ?

david byrne – who is the sky

Avec l'humour qui l'a toujours caractérisé, la pochette de « Who Is The Sky ? » - titre à la fois absurde et ironique – présente David Byrne, illustre leader des défunts et cultissimes Talking Heads dans une explosion de couleurs, un véritable vortex d'où émerge à peine son visage. Sur le verso de cette même pochette, il apparaît dans un costume tout aussi coloré et délirant. Et le contenu du nouvel album du septuagénaire est à l'image de l'emballage : exhubérant, joyeux, pop, entraînant, varié et surtout hyper inspiré. L'artiste n'a pas pris une ride, conservant un enthousiasme de jeunot et cela s'entend dès la bien-nommée « Everybody Laughs » sarabande sur laquelle Annie Clark alias St Vincent vient prêter sa voix. Mélodie virevoltante et accrocheuse, arrangements de cordes et de cuivres, percussions latinos et choeurs lumineux sont les ingrédients de ce titre qui lance l'album sur des rails qu'ils ne quittera plus et qui pourraient être ceux d'une montagne russe dans un parc d'attraction.

Il faut dire que Byrne a su bien s'entourer pour habiller ces 12 titres absolument irréprochables, les arrangements de cordes, de cuivres et les percussions omniprésents sur l'album sont signés par les quinze musiciens du Ghost Train Orchestra et le tout produit par Kid Harpoon (Harry Styles, Miley Cyrus). S'il a conservé une énergie juvénile, David Byrne se rend ici beaucoup plus immédiatement accessible, lui à qui certains ont reproché son côté arty, voire intello. Cependant, les paroles sont toujours aussi délirantes comme quand il déclare son amour à son appartement sur « My Apartment Is My Friend » un des meilleurs titres de l'album à la tonalité légèrement mélancolique ou sur « Moisturizing Thing » tout aussi excellent dans lequel il imagine une crème qui rajeunit tant qu'il se retrouve avec un corps d'un enfant de 3 ans avant de terminer par un festival de cuivres.

On retrouve sur l'entrainant « What Is The Reason For It ? » l'exubérance d'« Everybody Laugh » tous les cuivres, les cordes et les percussions sont de sortie pour un titre qui tend vers des rythmes et ambiance latinos. Même chose sur « The Truth » qui ferme l'album et sur « Don'T Be Like That » ouvert par des percussions que des arrangements de cordes viendront accompagner.

Cependant Byrne n'oublie pas son passé de défricheur sur le formidable « The Avant Garde » au couplet bancal qui soudain trouve un équilibre miraculeux sur le refrain. Il prend le temps d'une pause quasi acoustique sur la magnifique ballade « A Door Called No » aux superbes arrangements de cordes.

Alors bien entendu, « Who Is The Sky ? » n'est pas le nouveau « Remains In Light » (1980) chef-d'oeuvre des Talking Heads, il n'en a ni la profondeur, ni l'originalité, ni même des titres aussi exceptionnels mais en ces temps si sombres, comment ne pas souligner cette volonté chez David Byrne de faire sourire, danser, cette capacité de dérision, de légèreté bienvenues. Alors oui, pour tout cela, il mérite d'être l'album du mois.

The Divine Comedy – Rainy Sunday Afternoon

the divine comedy – rainy sunday afternoon

Il ne faut pas longtemps pour comprendre que ce nouvel album de Neil « je suis un groupe à moi tout seul » Hannon alias The Divine Comedy est un grand millésime. Dès « Achilles », premier titre de l'album, on retrouve toute la finesse de la mélodie, la sophistication des arrangements de cordes qui jamais ne sombrent dans l'emphase, les paroles bouleversantes qui évoquent l'angoisse de celui qui va partir à la guerre. Ce chef d'oeuvre de pop orchestrale est l'égal de tous ceux qui ont jalonné la carrière exceptionnelle de l'irlandais depuis « Liberation » (1993), « Promenade » (1994), « Casanova » (1996), « Fin de Siècle » (1998) ou encore « Absent Friends » (2004). Après une légère incursion dans la pop électronique sur le précédent « Office Politics » (2019), le voici revenu de manière absolument magistrale à cette pop léchée, érudite, héritée de Scott Walker. La mise en son est exceptionnelle, il faut dire que Neil Hannon s'est payé le studio d'Abbey Road.

Après cette entrée en matière en platine, « Rainy Sunday Afternoon » déploie tout l'immense talent de son auteur. Tout en douce mélancolie, il égrène les perles les unes après les autres. C'est « The Man Who Turned Into A Chair » et ses choeurs angéliques, le pluvieux « I Want You » et ses torrents de cordes qui contraste avec le guilleret « Rainy Sunday Afternoon ». Plus loin « All The Pretty Lights » enchante avec ses cordes, ses cuivres et sa mélodie printanière parfaite. « The Heart Is A Lonely Hunter » est un bijou mélancolique irrésistible d'une beauté sombre alors que « Invisible Thread » est une des plus belles chansons entendue ces derniers temps que Neil Hannon interprète en duo avec sa fille.

Enfin, je ne résiste pas à traduire quelques vers du kitsch « Mar-A-Lago By The Sea », formidable charge ironique contre Donald Trump, qui n'y comprendra rien vu sa capacité à accéder au second degré. Hannon lui donne la parole depuis sa cellule de prison, nostalgique de sa propriété de Floride. « Cheating losers on the greens / Tromper les perdants sur les greens / Swapping wives for beauty queens / Échanger ses femmes contre des reines de beauté / Making turgid wedding speeches / Faire des discours de mariage pompeux / Entertaining fascist leeches / Avoir des sangsues fascistes divertissantes / Mar-a-lago, how I miss / Mar-a-lago, comme ça me manque / The golden johns in which I pissed / Les toilettes dorées dans lesquelles j'ai pissé / All that ostentatious wealth / Toute cette richesse ostentatoire / The paintings of myself / Les peintures de moi / when I was young and free / Quand j'étais jeune et libre »

Wolf Alice – The Clearing

wolf alice – the clearing

« The Clearing », 4ème album studio du groupe britannique Wolf Alice est sorti dans les derniers jours d'août, ne me laissant pas le temps d'en parler dans le « En 4ème Vitesse » précédent. Réparons cet oubli.

Le groupe britannique de la chanteuse Elli Roswell, mise en avant sur la pochette de « The Clearing », publie ici son 4ème album, le premier sur une major, avec des intentions manifestes de succès massifs. Ils sont allés chercher Greg Kurstin, producteur d'Adèle et d'Harry Styles, pas forcément excitant sur le papier, pour façonner le son d'un album ambitieux, au moins commercialement. L'est-il artistiquement parlant ? La réponse est mitigée, l'album étant constitué de titres parfois pesants, étouffés par une production sans âme, mais aussi d'autres somptueux, qui flirtent avec le Fleetwood Mac de la grande époque.

Dans la première catégorie, majoritaire au début du disque, on va trouver par exemple le très pénible « Bloom Baby Bloom », summum de laideur, qui tient plus du semi-remorque que de la Formule 1, sur lequel Elli Roswell force le trait sur un rythme mastoc. Un peu plus loin « Leaning Against The Wall » n'emballe pas tellement non plus avec ses faux airs de ballade country acoustique qu'un emballage soigné ne parvient pas à tirer de la banalité. Le rythme s'accélère sur « Bread Butter Tea Sugar » mais on est déçu par ce que promettait le menu alléchant tant le morceau encore une fois emballé à la sauce californienne ne sort pas de la futilité.

Heureusement, le reste de l'album est bien au-dessus du lot allant du bon à l'excellent. Difficile de ne pas fondre devant ce « Thorns » en or massif placé en ouverture, ce piano, ces cordes, cette voix majestueuse qui tutoie les merveilles rencontrées ailleurs chez Weyes Blood par exemple. « Just Two Girls » n'atteint pas les mêmes sommets mais ce mid tempo de pop californienne ensoleillée tient sacrément la route, sûrement la Pacific Coast Highway, la même route qu'emprunte le tubissime « Passenger Seat », irrésistible soft rock à bord duquel on aimerait être au volant quand Elli Roswell chante « In The Passengear Seat / I'M Your Girl ». La jolie ballade au piano qu'est « Play It Out » ne tombe jamais dans la mièvrerie mais c'est assurément dans la dernière ligne droite de l'album que Wolf Alice est à son meilleur.

Elli Roswell y enchaine des performances vocales d'une grande qualité, toujours dans la sobriété, au service de chansons d'une qualité supérieure. Que ce soit sur le très beau « Safe In The World » modèle de soft rock, sur « Midnight Song » somptueuse ballade acoustique digne du Fleetwood Mac des grands jours, avec ses traits de violoncelle, ses harmonies vocales parfaites. On monte encore d'un cran pour le meilleur titre de l'album qu'est « White Horses » qui ne déparerait pas sur le double album du Mac « Tusk » (1979) pour situer le niveau. Impossible de se lasser de ce refrain monumental, qui vient conclure un titre en perpétuelle évolution, aux trouvailles mélodiques innombrables et sur lequel le batteur Joey Amel vient accompagner Elli Roswell au chant, rappelant Lindsey Buckingham et Stevie Nicks.

On termine par « The Sofa » superbe point final en forme de ballade au piano enrobée de cordes sur laquelle Elli Roswell revendique le droit d'être elle-même « I Can Be Happy, I Can Be Sad / I Can Be A Bitch When I Get Mad / I Wanna Settle Down, Oh, To Fall In Love / But, Sometimes, I Just Want To Fuck ». Ça a le mérite d'être clair.

Big Thief – Double Infinity

big thief – double infinity

Depuis la sortie de « U.F.O.F » et « Two Hands » en 2019, Big Thief, le groupe emmené par Adrianne Lenker, n'en finit plus de grandir tout en récoltant de plus en plus de succès, qu'il soit critique ou public. Le groupe d'indie folk est désormais une valeur sûre et la sortie de « Double Infinity » était attendue avec grande impatience d'autant plus que « Dragon New Warm Mountain I Believe In You » (2022) date d'il y a déjà 3 ans. Il faut dire que ce double album avait placé la barre très haut rempli qu'il est de titres absolument sublimes, sur lesquels la voix immédiatement identifiable, pleine de fragilité et de fêlures d'Adrianne transporte ses auditeurs.

Depuis, le bassiste Max Oleartchik a quitté Big Thief et, plutôt que de chercher à le remplacer, le groupe a décidé de rester un trio. Changeant alors leurs habitudes, les trois membres restant, qui s'isolaient loin de toute civilisation pour enregistrer leurs albums, ont au contraire choisi la ville et pas n'importe laquelle, puisque c'est au fameux Power Station, le célèbre studio New-Yorkais qu'ils se sont enfermés pour pondre ce « Double Infinity » nouveau. Un changement n'arrivant jamais seul, c'est la musique du groupe qui connait ici une évolution notable. Si les chansons sont toujours folk à la base, de nombreux instruments viennent s'ajouter à ceux traditionnellement utilisés sur les albums précédents. Pour cela, Big Thief a ouvert les portes du studio et accueilli de nombreux invités. Le plus fameux d'entre eux, Laraaji, s'est spécialisé dans l'ambient et a travaillé avec le grand Brian Eno. Difficile de faire plus éloigné de l'univers musical de Big Thief. Il joue ici de la cithare, des percussions, injecte des boucles électroniques dans le folk de Big Thief et chante même sur « Grandmother ». Par ailleurs, les voix multiples, les synthés, le piano viennent élargir une palette sonore plus riche qu'auparavant, peut-être d'ailleurs au détriment de l'émotion. Un sentiment d'improvisation plane parfois sur l'album ou le sentiment de n'avoir à faire qu'à des ébauches de chansons comme sur « No Fear ».

« Incomprehensible », qui ouvre l'album, est révélateur de ce son nouveau d'autant plus qu'ici la réussite est manifeste. La matière sonore est riche et dense, fourmillant de détails qui forment pourtant une masse dans laquelle il est assez difficile d'isoler tel ou tel instrument. Adrianne Lenker y prouve aussi qu'elle n'a rien perdu de sa plume, racontant, en mêlant description de paysages et réflexions intimes, un voyage au Canada : « La seule chose que je garderai, ce sont les lettres et les photos / The only thing I'll keep are the letters and the photographs / Dans deux jours c'est mon anniversaire et j'aurai 33 ans/ In two days it's my birthday and I'll be 33 / Cela n'a pas vraiment d'importance à côté de l'éternité / That doesn't really matter next to eternity / Mais j'aime les nombres doubles, et j'aime aussi les nombres impairs / But I like a double number, and I like an odd one too »

Le chiffre 33 est encore cité sur « Los Angeles » autre grande réussite du disque, ode ambigüe à la ville : «  Los angeles, 3:33 rien sur la stéréo / Los angeles, 3:33 nothing on the stereo / Thé sale, tu es comme la Joconde / Dirty tea you're like the Mona Lisa / Souriant dans la pénombre, mystérieusement mais sérieusement / Smiling in the half-light, mysteriously but seriously ». Avec « Words » et « All Night All Day », la face A plane à haute altitude avant de s'achever en beauté sur le titre éponyme au ralenti. La face B sera un peu moins convaincante avec un « Happy With You » très répétitif mais avec Big Thief on reste tout de même au-dessus du commun des groupes.

« Double Infinity » marque donc un pas en avant globalement réussi et augurant d'un futur passionnant.

Kerala Dust – An Echo Of Love

kerala dust – an echo of love

C'est toujours un vif plaisir que de découvrir des disques qui dès la première écoute sont déjà comme de vieilles connaissances. C'est le cas de cet « An Echo Of Love » 4ème album d'un groupe qui m'était jusqu'à alors inconnu ; Kerala Dust. Formé à la base de 3 musiciens anglais Edmund Kenny, Harvey Grant et Lawrence Howarth, Kerala Dust s'est étoffé pour cet album de deux autres membres. Cependant j'ai mis très longtemps à savoir à qui me faisait penser cette voix si particulière, volontairement désincarnée, presque sans modulation et j'ai fini par trouver qu'il s'agissait de celle du duo électronique allemand Tarwater. J'ignore s'il s'agit d'une influence consciente mais cet « An Echo Of Love » est un voyage sous drogue chimique, hypnotique, parfois dansant, souvent planant, toujours impressionnant, à base de beats cotonneux, de basses élastiques, de voix blanches, de rythmes moites aux confins de l'électro et du krautrock voire d'un blues des grands espaces. On pense parfois à un Massive Attack dans sa version la plus sombre et la plus tripante mais également à Depeche Mode, influence particulièrement évidente sur le formidable « The Orb, TX ». Les fidèles de « The Handmaid's Tale », la série dystopique, quant à eux, connaissent sans doute leur reprise sous Tranxène du « The Chain » de Fleetwood Mac qui leur a permis d'accéder à un plus large public.

Que ce soit avec le tubesque « How The Light Gets In », le blues de l'espace « Bell » aux guitares incisives ou encore l'extraordinaire « Echoes Of Grace » véritable transe krautrock, Kerala Dust fait mouche à tous les coups.

On serait bien en peine de trouver un point faible à ce disque qui dans sa deuxième partie nous emballe avec le dansant « Love In The Underground » puis emporte sa piste de danse dans l'espace sur « I Remember You A Dancr » jusqu'à l'extase finale de « The Bay ».

Il paraît que leur album précédent « Violet Drive » est encore meilleur. Je cours de ce pas m'en assurer.

The Hives – The Hives Forever Forever The Hives

the hives – the hives forever forever the hives

32 minutes, c'est le temps qu'il faut au groupe The Hives pour boucler les 13 titres de son 8ème album. Cela donne une petite idée de la cadence à laquelle l'affaire est emballée. En 18 ans d'existence, le groupe suédois de Pelle Almqvist ne se sera cependant guère écarté d'une trajectoire balisée par un punk rock virant parfois garage énergique et euphorisant. Les riffs de guitare s'en donnent à cœur joie sur une batterie à l'unisson tandis que la voix pleine de morgue emmène le tout.

Avec ce nouvel album où il semble que le groupe s'autoproclame Roi, Roi de quoi d'ailleurs, peu de surprises au menu. On y retrouve la même recette, le genre de chansons parfaites pour vous donner un énorme coup de boost si vous avez du mal à émerger le matin, pour vous donner envie de sauter dans tous les sens en prenant votre douche mais attention à ne pas glisser.

Je ne nierai pas l'efficacité de la mixture, en particulier en live, mais tout cela semble assez vain tant l'impression de déjà-entendu est forte, tant tout y semble cousu de fil blanc, les ficelles étant trop grosses pour surprendre son monde un tant soit peu. Passée la première impression galvanisante, il faut bien reconnaître que l'on s'ennuie assez vite malgré le gros son, malgré l'énergie, malgré la vitesse et les refrains beuglés en choeur . La machine fuselée et chromée tourne parfaitement rond sur « Enough Is Enough » sur « Hooray Hooray Hooray » et nombre d'autres titres tous potentiels singles, mais il manque ce supplément d'âme indispensable pour toucher au plus profond. Nul doute qu'à 17 ans j'aurais adoré cet album mais n'attend-on pas d'un groupe qu'il sache aussi grandir et mûrir ?

C'est pourtant en toute fin d'album sur la chanson éponyme qu'il faut aller chercher le meilleur titre en forme d'auto célébration, et de loin, du disque. Tout d'un coup, une noirceur bienvenue apparaît, les guitares se font plus vicieuses que bruyantes, la batterie devient métronomique, les synthés apportent une touche nouvelle et l'album se clôt sur une promesse d'avenir.

Mais il est temps désormais de clore ce premier chapitre automnal. Rendez-vous dans un mois « En 4ème Vitesse » bien entendu.

Auteur
christophe billars

Passionné de musique, lui-même musicien, compositeur et parolier. Sur Poptastic, Christophe livre régulièrement des critiques affûtées sur les albums d'artistes britanniques ou en rapport avec la scène musicale britannique.


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