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Pourquoi le dernier album solo de McCartney est un événement

Rédaction : le 21 décembre 2020

Quand on annonce l'arrivée d'un dernier album de Paul McCartney titré « McCartney » suivi d’un chiffre romain, l'attention est plus forte que pour une autre livraison de "Macca". C'est un peu comme un fil rouge dans sa carrière et cela crée une sorte d'événement particulier.

Au-delà d'un événement international, ce qui lui donne une dimension encore supplémentaire, on sent que c'est le truc à part. Les journalistes du monde entier spécialisés (ou pas) s'empressent de mettre l'objet au-dessus de la liste afin d'être les premiers sur le coup. Pourtant l’ex-Beatles est à la tête de plus d’une trentaine d’albums et de dizaines de singles. Alors pourquoi cet estampillage spécifique provoque-t-il cette impression d’exceptionnalité dans le monde du Rock anglais et de la musique en général ?

La première raison de cet engouement, peut-être faut-il la chercher du côté des dates de sorties de ces albums en solo : le premier « McCartney » est sorti en pleine séparation des Beatles en 1970, premier choc dans la vie d’artiste de PMc (pas forcément apprécié à l’époque par ses 3 collègues qui voyaient une sorte d’opportunisme en pleine tempête médiatique).

Le second, le « McCartney II », arrive 10 ans plus tard juste avant la fin des Wings, le groupe qu’il avait monté un peu comme une entreprise familiale avec sa femme d’alors, Linda McCartney. Malheureusement ses expériences sur les boîtes à rythme et autres synthés au détriment d’un Rock plus classique auraient eu raison des dix années du groupe. Cela dit, respect tout de même car en une décennie, le groupe a enregistré 7 albums et une trentaine de 45 tours dont les fameux « Mull of Kintyre », « Band on the Run » ou encore « Live and Let Die » thème du James Bond du même nom. Rien que ça. Et puis il y a eu cette expérience bouleversante que Paul McCartney a du vivre lorsqu’il s’est retrouvé en prison une dizaine de jours après que la douane japonaise ait retrouvé un peu de weed dans ses bagages... Résultat des courses : en plus de la prison, les dates de la tournée nippone annulées et tout ce qui s’en suit. Enfin, il y a eu le sinistre 8 décembre 1980 marqué par l’assassinat de John Lennon. Ça fait beaucoup.

Bref, nous sommes en 2020 au mois de décembre et le « McCartney III » arrive donc 40 ans après son prédécesseur en pleins confinements à répétition et au beau milieu d'une crise sanitaire interminable. Dans une interview, Paul raconte qu’il a dû aller en studio au début du confinement pour enregistrer des morceaux pour un cout-métrage d’animation mais une fois ce travail terminé, il s’est dit que travailler en studio et essayer des « trucs », s’amuser un peu avec ses instruments, chercher des sons nouveaux, l’aiderait à passer l’épreuve du lockdown. Au final, au moment de faire un bilan de ses enregistrements, il s’est aperçu qu’il avait conçu, sans le vouloir, le McCartney III, exactement comme les précédents en 1970 et 1980, c'est à dire tout seul.

Dernier album de McCartney

Cette fois, pas de drame dans sa vie, pas de séparation ni au niveau personnel ni au niveau professionnel. Bien au contraire, la famille est autour de lui, l’accompagne et œuvre même sur le projet, comme sa fille Mary qui est à l’origine de la photo principale de l’album ou son neveu Sonny qui a effectué également des clichés supplémentaires. Non, cette fois la pression est ailleurs, plus précisément dehors. On lui a même donné un nom : pandémie.

La deuxième raison qui donne ce statut tout particulier à ces 3 albums solo de Macca est justement le terme « solo », employé ici au sens le plus propre qui soit car Paul McCartney a tout fait et tout seul : guitares, batteries, clavecin électrique (si si)… absolument tout jusqu’aux chants bien sûr et même la production. C'est LE point commun avec ses deux autres albums sortis en 1970 et 1980. Finalement, et la comparaison en fera peut-être bondir certains, un peu comme ces artistes qui se lancent avec leur propres moyens, jouant de plusieurs instruments, chantant, produisant sur un Mac et se filmant en vidéo pour balancer le tout sur Internet dans l’espoir de se faire remarquer par un producteur.

De ces sessions improvisées et de cette créativité libérée sont sortis 16 titres qui lui permettent d'aborder plusieurs thèmes, parmi lesquels se trouvent des surprises, des singles (« Find My Way » est le premier extrait de « McCartney III », livré le 18 décembre), des ambiances musicales variées et pas mal d'émotions qui vous donneront l’envie de ré-écouter plusieurs fois certains titres (vous savez, ceux qui vous font craquer en premier et que vous vous repassez en boucle). Le mieux pour vous faire une idée est de vous l'offrir ou d'en écouter des extraits sur Poptastic car, vous l'aurez deviné, ici on l'adore !

A noter pour les véritables fans, plusieurs déclinaisons de l'opus (qui deviendront certainement collector très vite) : pour le vinyle des versions en rouge, blanc, rose, vert, orange, jaune…, pour le CD, les dés changent de couleur (4) selon la version choisie et, oh joie pour les amateurs de bande magnétique, jusqu’à deux versions différentes en cassette. Des goodies sont aussi disponibles parmi lesquels… des masques Covid-19 (il eut été difficile de faire autrement !).

Tracklisting :

  • "Long Tailed Winter Bird"
  • "Find My Way"
  • "Pretty Boys"
  • "Women And Wives"
  • "Lavatory Lil"
  • "Deep Deep Feeling"
  • "Slidin""
  • "The Kiss Of Venus"
  • "Seize the Day"
  • "Deep Down"
  • "Winter Bird/When Winter Comes"