The Kooks, tout savoir sur le nouvel album

Actif depuis 2004 et 4 ans après leur 4ème album « Listen ». Ils sont de retour. Le quatuor anglais, composé de Luke Pritchard, Hugh Harris, Peter Denton et Alexis Nuñez créé la surprise. Depuis le 31 août, on passe de l’obsessionnel chiffre « 4 » au « 5 » symbole de la liberté et du changement. Ce nouvel album, « Let’s Go Sunshine », ouvre les portes de l’enthousiasme avec un album solaire.

Ils nous avaient manqué, pas vous ? En 2014, leur immense tournée s’était terminée en apothéose avec une série de concerts exceptionnels pour fêter leurs 20 ans de carrière…. Un Best-Of était sorti, dans la foulée, chargé quelques titres inédits. Mais depuis silence radio…. Et 4 ans c’est long !

Luke Pritchard, leader charismatique du groupe de rock progressive et alternative, [on reprend son souffle], a bercé l’adolescence de la génération 90. Un héros d’une certaine idée de l’adolescence et de la transformation et qui le revendique : « La métamorphose m’a toujours intéressé ». Plutôt logique venant d’un groupe qui tire son nom d’une chanson de David Bowie, le maître suprême de la transformation ! Cet album est empreint de nostalgie mais surtout d’une belle énergie solaire. Chercher quelque chose dans le passé pour le transformer en quelque chose de moderne et d’intemporel…

"Pour moi, les ballons représentent le monde et je les voulais sur la pochette."

« Let’s Go Sunshine » a été pensé comme un « Rubber soul » moderne (une référence à l’album des Beatles sorti en 1965). Chaque titre est une invitation à se laisser aller et abandonner les bagages du passé. A l’instar de la pochette où l’on voit Dylan le fils de Pete (bassiste du groupe) tenir à la main des ballons. C’est une image emblématique. On abandonne le monde et sa négativité pour se laisser-aller vers la liberté, le soleil.

Luke Pritchard : « C’était pas prévu, mais on trouvait que le résultat marchait vraiment bien, c’était pas une chose intentionnelle. On a travaillé avec les ballons et comme je l‘ai dit : pour moi, les ballons représentent le monde et je les voulais sur la pochette. On les avait lors du photoshoot et quand on a vu la photo, on a trouvé cette image iconique. Ça représente l’innocence. »

Un disque romantique et enthousiaste inspiré à la base d’un chaos sentimental et pourtant… Si, « Kids », « Fully Close » et « Swing Low » sont des doigts d’honneur pour se défouler face à une rupture qui s’est mal passée, le reste de l’album est très solaire et joyeux. La morale de l’histoire : pour oublier quelqu’un il faut retomber amoureux !

God saves the British Pop Rock !

Musicalement, l’album est très ancré British. God saves the British Pop Rock ! La verve anglaise des Kooks ne s’est pas perdue en route ces dernières années. Au contraire, ils n’avaient pas sonné aussi Brit pop depuis bien longtemps. L’album tire sur la corde nostalgique des 90’s sans pour autant la casser. On ressent des inspirations de Bob Dylan « But I’m just blowing in the wind », Serge Gainsbourg pour son côté anglophile, The Who « The kids are (not) alright », mais aussi dans les paroles on perçoit l’influence des Beach Boys avec un peu des Beatles dans la mélodie… Un album au son très Britpop qui serait la version moderne de Village Green, The Smiths ou Oasis avec une pointe US à la Tom Petty and the Heartbreakers… un vrai retour aux sources avec un nouveau regard plus apaisé sur le monde. On retrouve ce que l’on a aimé de meilleur dans le groupe à leurs débuts avec un « je ne sais quoi » de renouveau » plus intimiste.

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Luke a déclaré « Quand j’étais ado, tous mes amis écoutaient du rock garage et de la dance music. Moi c’était Bob Dylan, les Kinks et Eddie Cochran. Dans un certain sens, je suis plus british qu'américain sur le dernier album. Avec de l'humour anglais, quelque chose que je ne faisais pas dans les premiers albums. »

Avec "All The Time", on a bien là l’un des titres les plus fédérateurs du groupe.

Dans le tourbillon qui suivit la sortie de leur premier album (2006), The Kooks étaient passés en un claquement de doigt du statut d’inconnus à celui de jeunes prodiges outre-Manche. Ils avaient pris l’habitude de se plier aux codes de la avec une fougue contagieuse et des refrains immédiatement familiers. Dans « Let’s Go sunshine », leur nouvel album, il y a une réelle profondeur dans chaque chanson. Chacune est une réflexion et raconte une histoire personnelle mais pas autocentrée.

Avec « Kids », on perçoit la suffocation face à la société actuelle avec des arpèges rock diaboliques et subversifs. C’est définitivement Luke dans sa chambre en colère contre le monde, et… finalement ça fait du bien parfois !

The Kooks nouvel album Let's Go Sunshine
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« All The Time », sonne différemment de ce que le groupe avait l’habitude de proposer jusqu’à maintenant. Ce morceau fourmille d’idées. Ces cantiques pop angéliques proposent une instrumentalisation plus dense. On a bien là l’un des titres les plus fédérateurs du groupe.
Le très festif « Honey Bee » se révèle être une chanson très intime. La sœur de Luke a envoyé une démo à son frère d’un enregistrement des années 70 de leur père décédé depuis. Luke a dit de ce titre « C’était intense et en quelque sorte creepy de chanter avec mon père mais aussi génial, il y a beaucoup de sentiments sur cet album. »

Avec « Picture Frame » et « Weight Of The World », on prend plaisir à se recueillir dans la langueur spirituelle. Les chœurs de « Weight Of The World » offre une réelle émotion. C’est un titre très cool et magique à la fois. Tout apparaît très organiquement. « Le solo de trompette donne un résultat extraordinaire. Je pense que les gens ne s’y attendent pas, c’est un peu classe et ça montre qu’on a grandi. » dixit Luke.

« No Pressure » nous plonge dans une atmosphère estivale à la Beach Boys et se révèle être un irrésistible huis clos romantique. « Fell in love with the summer, but I’m blowing in the wind » chante avec émotion Luke Pritchard. The Kooks noie sa solitude en chantant l’histoire d’un couple. Un très beau moment peuplé d’harmonies à la Dylan.

En concert à Paris en 2019

Avec ce nouvel album, The Kooks prendraient-ils enfin leur revanche sur des années d’impasse créative et de tourments intimes ? L' album sera-t-il, comme on le suppose, taillé pour la scène ? Réponse au Zénith de Paris le 6 avril 2019. Il faudra patienter un peu, certes, mais pour un probable futur classique des Kooks, ça vaut la peine d'attendre.
Et pour patienter, écoutez la prog' de Poptastic, vous y croiserez certainement quelques titres extraits de "Let's Go Sunshine".

Émilie Dupont.
e.dupont@poptastic-radio.com