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Le groupe America, n'attendez pas 30 ans pour les découvrir

Rédaction : Christophe Billars le 23 mars 2024

Puisque les super programmateurs de Poptastic ont eu la bonne, que dis-je, l’excellente idée d’élargir leurs choix à la musique d’outre-Atlantique, je me devais de suivre le mouvement.

Voici donc le premier article d’une nouvelle rubrique, sur le modèle de « Mes disques de A à Z », mais consacrée uniquement aux artistes des USA et du Canada. Elle aura pour nom « From America to ZZ Top » (re)visitant ainsi ce vaste territoire musical nord-américain où naquit - excusez du peu - le jazz, le rock’n’roll, Bob Dylan, la soul music, le rap et j’en passe. Commençons donc notre voyage en Amérique par … America.

À postériori, je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté de ce groupe aussi longtemps. Quand je dis « aussi longtemps » je veux dire plus de trente ans après que j’ai commencé à m’intéresser vraiment à la musique au début de mon adolescence. Mystère d’autant plus inexplicable que nous avons là un groupe à succès depuis son premier album éponyme de 1971. Bien sûr, je connaissais « A horse with no name », tube intemporel mais pourquoi n’ai-je jamais cherché à explorer plus loin ? Je l’ignore encore. Peut-être est-ce dû à une image fausse que je me faisais d’America, comme un groupe ennuyeux et sirupeux à la Chicago ? Cependant, voici une bonne dizaine d’années, je me procurais à bas prix un vinyle intitulé « America’s greatest hits history » (1975), compilation des 11 singles extraits des 5 premiers albums du groupe, produite par George Martin et ce fut la révélation : America est un grand groupe. Mais reprenons les choses dans l’ordre car depuis j’ai acquis « Homecoming » (1972), leur deuxième album.

america greatest hits

Malgré son nom, curieusement, America est né en Grande-Bretagne en 1970. En effet, ses trois membres - Gerry Beckley, Dewey Bunnell et Dan Peek – sont fils de militaires de l’US Air Force affectés dans la région de Londres. Le nom du groupe est ainsi choisi à cause du mal du pays que ressentent alors les trois fistons. D’ailleurs l’Amérique et ses paysages s’entendent dès le premier album du groupe « America » (1971) que je ne possède pas mais connais en partie grâce à la compilation parue en 1975. En effet, ce sont bien les grands espaces américains qui sont évoqués dans la musique d’America, dans ce folk rock subtil, léger et mélodique, réhaussé d’un banjo, d’un piano et de percussions, dans ces somptueuses harmonies vocales à la Crosby, Stills and Nash qui mettent en valeur des compositions intemporelles. En effet, comment résister à ce classique plus-que-parfait qu’est « A horse with no name » qui est tout ce qu’on aime dans la musique américaine ? Ses percussions discrètes, sa basse ronde et chaude et ses voix à la fois aériennes et ancrées dans leur terre constituent l’entrée en matière idéale pour découvrir le groupe.

america homecoming« I need you » doit représenter à peu près tout ce qu’ont détesté les punks de 1977, un soft rock « à la papa », mais pourtant tellement bien fichu. Et que dire de l’extraordinaire « Sandman » aux merveilleuses harmonies vocales qui a dû rendre CSN&Y sacrément jaloux ?

En 1972, parait donc « Homecoming » le deuxième album du trio. Celui-ci débute par « Ventura Highway » un classique qui respire la Californie à plein nez. Basé sur son motif de guitare acoustique, le titre est une merveille inusable qui répète la formule du premier album à savoir un folk rock transcendé par une mélodie fantastique.

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« Homecoming » déroule ainsi 10 titres faits pour les soirées au coin du feu, en général sur un mid-tempo acoustique oscillant entre country folk sur « Don’t cross the river », ballades avec piano comme sur « To each his own » et « Till the sun comes up again » ou encore « Moon song » qui s’excite un peu en son milieu en passant par le tube « Only in your heart » qui confirme le talent de mélodistes du trio jusqu’au superbe « Saturn nights » qui clôt l’album.

Je ne connais des trois albums suivants – « Hat trick » (1973) ; « Holiday » (1974) et « Hearts » (1975) – que les singles présents sur la compilation « America’s greatest hits history » (1975), décidément parfaite pour découvrir la production du groupe entre 1971 et 1975. Tous ces titres font apparaître une remarquable cohérence comme si la musique d’America n’avait à la fois pas évolué dans la forme tout en restant créative. Ces titres sont « Muskrat love » extrait de « Hat trick », les merveilleux « Tin man » et « Lonely people » que l’on retrouve sur « Holiday » ; « Tin man » n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’atmosphère de « Ventura highway » Enfin extraits de l’album « Hearts », on retrouve sur cette compilation le très soft « Daisy Jane », « Woman tonight » plus enlevé et enfin « Sister golden hair », classique instantané que je défie quiconque de ne pas avoir en tête après une seule écoute.

Vous qui ne jurez que par un rock abrasif, teigneux, anticonformiste, passez votre chemin. America ne révolutionne rien, ne fera pas fuir votre grand-mère et vos voisins n’appelleront pas la police. Mais si vous êtes sensible au travail d’artisans qui savent trousser des chansons aux mélodies qui restent en tête, ne faites pas comme moi, n’attendez pas 30 ans pour les découvrir.

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles

Photo couverture de l'article : Richard Campbell

Auteur
christophe billars

Passionné de musique, lui-même musicien, compositeur et parolier. Sur Poptastic, Christophe livre régulièrement des critiques affûtées sur les albums d'artistes britanniques ou en rapport avec la scène musicale britannique.