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Hideous Bastard d'Oliver Sim un des grands albums de 2022

rédigé par le 13 octobre 2022

Tout est affaire de voix dans « Hideous », le premier et extraordinaire morceau du premier album d'Oliver Sim « Hideous Bastard » .

Rappelons tout d'abord qu'Oliver Sim constitue le tiers des fabuleux The XX, groupe anglais composé de Romy Madley Croft et de Jamie XX. Il y tient la basse et ses duos avec Romy sont autant de splendeurs qui émaillent les 3 albums du groupe. Oliver Sim se lance enfin dans une aventure solo comme auparavant ses deux comparses.

Tout est affaire de voix disais-je donc. « Hideous » débute par une boite à rythme famélique sur laquelle celle, chaude et blanche d'Oliver, vient se plaquer. Bientôt rejointe par des cordes qui l'enveloppent, elle prouve qu'elle peut désormais se suffire à elle-même, suffisamment maîtrisée pour porter cette grande chanson qu'est « Hideous », véhicule d'une révélation intime sous la forme d'une question qui est surtout rhétorique et porte la marque d'une souffrance longtemps cachée : « Am I hideous / Been living with HIV / Since seventeen ? ». Passée la première partie de la chanson avec l'entrée d'un rythme plus soutenu et de la basse, c'est une autre voix qui semble émerger sans qu'on s'en rende compte, noyée qu'elle est sous un déluge de cordes et de synthés, une voix qui semble surgir du passé, à la fois reconnaissable entre mille et pourtant légèrement voilée par les ans mais toujours capable d'atteindre des hauteurs inouïes, celle de Jimmy Sommerville. Le titre alors, avec elle, grimpe encore en intensité dramatique avant de s'achever sur quelques violons nus.

Mais « Hideous » ne sera pas le seul diamant de cet album. La première face constitue en effet un sans-faute. Jamie XX, le sorcier du son de The XX, officie ici en tant que programmateur et producteur. Et cela s’entend. Sur le fantastique « Romance With A Memory », peut-être mon titre préféré de l’album, Oliver Sim sort de sa zone de confort et trafique sa voix qui devient quasi-robotique et sombre sans perdre un feeling soul qui transpire derrière les machines. Encore plus ambitieuse, « Sensitive Child » marie boucles de piano, beats heurtés et guitares électriques au son crade pour un résultat éblouissant. La fin brutale nous sort d’un titre hypnotique et l’on plonge avec délice dans le parfait « Never Here », qui court à perdre haleine par des sentiers déjà empruntés par The XX. Cette pop mélancolique tient le parfait équilibre que le groupe a atteint par le passé. Il ne reste plus qu’à déguster « Unreliable Narrator » et ses nappes synthétiques, premier titre vraiment sombre et pourtant aérien de l’album qui clôt en beauté la face A.

Écoutez des extraits de "Hideous Bastard" dans la programmation
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La face B affiche une mine plus sombre et mélancolique mais n’en recèle pas moins de splendeurs telle « Saccharine » avec laquelle on ne risque pas l’excès de sucre. Une pulsation synthétique sert de base, on entend les doigts glisser sur les cordes de guitare et Oliver Sim assure la voix de cette complainte déchirante. « Confident Man » tout aussi sobre que sombre est parée de quelques atours soul sur lesquels viennent se greffer des sons plus électro. C’est vers le gospel que penche l’intro de « GMT » qui contient aussi des samples de chœurs des Beach Boys. Le disque va se clore sur deux grands titres. Tout d’abord « Fruit », exemple même du talent d’Oliver Sim, est un titre radieux qui fait taper du pied et envoûtant en même temps, à la mélodie évidente qui réussit le parfait et délicat équilibre qui fait les grands morceaux pop. Le titre prend encore plus d’ampleur quand on retrouve aux chœurs la voix aérienne de Jimmy Sommerville. Encore plus fort est « Run The Credits » qui n’est pas sans faire penser, pour sa classe facile, au meilleur Brian Ferry. L’album se termine comme il a débuté, à haute altitude.

Oliver Sim réussit à n’en pas douter avec cet excellent « Hideous Bastard » un des grands albums de 2022. Et maintenant que chacun des membres de The XX a pu faire un pas de côté, on attend avec impatience un éventuel 4ème album.

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles


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