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ABC The Lexicon Of Love

Rédaction : le 11 juin 2019

C'est en 1982 que le groupe britannique ABC livre "The Lexicon of Love", album new wave pétri de soul, de cuivres, de cordes et de funk.

1982. Je ne suis qu’un jeune lycéen ardéchois alors que les groupes ultra maquillés et misant tout sur un look que les rockers détestent, pullulent. Les querelles stériles entre partisans d’un rock exclusivement à guitares et ceux qui accueillent à bras ouverts les synthés qui déferlent sur la pop animent la cour de récréation. Bowie est de toutes les façons passé par là depuis longtemps, il est déjà ailleurs et ses enfants n’ont souvent retenu que l’emballage au détriment du contenu. Combien de groupes d’un jour, oubliés pour toujours ? Bowie, encore lui, s’est aventuré, quelques années plus tôt sur l’album "Young Americans" , à Philadelphie pour blanchir avec classe la soul de là-bas.

Le groupe anglais ABC
Le groupe anglais ABC

Les membres d’ABC, groupe anglais de Sheffield, ont eux retenu la leçon. Avec l’aide du producteur Trevor Horn, fondateur d’Art Of Noise, ils produisent « The Lexicon of Love », album new wave bourré de synthés très 80’s mais aussi pétri de soul, de cuivres, de cordes et de funk. La belle pochette façon film noir nous plonge dans un univers hyper codifié où par amour, le héros glisse sur une pente dangereuse. Car ABC n’a qu’un but : séduire.

Il faut dire que l’objectif fut atteint à l’époque ; l’album cartonne, porté par le méga tube « The Look of Love » au romantisme à fleur de peau. Il faut aussi reconnaître au groupe un certain panache, qui se matérialise par des cuivres qui claquent par exemple ou l’intro très orchestrale et cinématographique de « Show me ».
ABC frise cependant l’indigestion à force de claviers poussés au maximum, de basses funk et froides tellement ancrés dans l’époque et ses tics de production clinquants. Mais on peut aussi y prendre un plaisir nostalgique et admirer le savoir-faire d’une production brillante voire rutilante.
Je préfère tout de même ce très beau « All Of My Heart » ci-dessous, plus sobre que le reste du disque même si le tapis de cordes est bien épais.

Christophe Billars.
Retrouvez ses chroniques également sur le blog Galettes Vinyles