Ce chanteur des années 80 est devenu l’un des producteurs les plus influents de la Pop anglaise

Trevor si méconnu mais si pointu

Roland Brunet
Roland Brunet

Souvenez-vous : 1979, The Buggles envahissent les ondes avec ce tube « Video Killed The Radio Star » qui donnera le La des années 80. Derrière cette paire de lunettes rondes devenue mythique, se cache l’un des producteurs les plus prolifiques de la des années 80/90/2000 .

Trevor Horn, chanteur des BugglesAprès des débuts musicaux très réussis grâce au méga tube « Video Killed The Radio Star » interprété par le groupe The Buggles (avec son compère Geoff Downes aux claviers), notre ami Trevor Horn a rapidement compris que l’avenir ne pouvait lui sourire que s’il troquait ses habits de chanteur pour ceux de producteur spécialisé dans la Pop Anglaise.

Entre temps, il avait intégré de façon fugitive, le groupe Yes, en lieu et place de Monsieur Jon Anderson s’il vous plaît, ce qui lui valut par ailleurs de nombreux quolibets de la part des fans hyper exigeants de ce groupe mythique des années 70.
Donc à ses débuts de producteur, Trevor Horn décida de développer plusieurs ingrédients musicaux, déjà esquissés dans sa vidéo tueuse, qui contribueront à lui façonner une image de « sorcier musical des 80’s », à savoir :

  • Une basse énorme et omniprésente (peut être une influence de Chris Squire le monstrueux bassiste de Yes)
  • Un foisonnement de sons divers (cuivres, claviers, cordes, sonnette de vélo si si !! etc. La liste est trop longue : seule une écoute minutieuse au casque permet de les capter en totalité) explosifs et créatifs .
  • Une richesse incroyable en terme de mélodies et d’arrangements sophistiqués souvent interprétés via des synthétiseurs, des séquenceurs et des samplers.
  • Un tempo souvent rapide à très rapide, des titres très toniques tendant quelquefois vers le funk et suscitant une furieuse envie de danser !
  • Des guitares très rythmées et nerveuses.
  • Une grosse caisse appuyée marquant les temps un peu à la manière du Disco (très présent à l’époque) mais de façon nettement plus subtile et discontinue.

Rentrons maintenant dans le détail à travers quelques exemples :

1/ ABC : Date Stamp (extrait de l’album The Lexicon Of Love – 1982)
Morceau emblématique à mes yeux et représentatif du style Trevor. On retrouve ici de nombreux éléments évoqués ci-dessus : à vous de les reconnaître !
Et que dire du solo de saxophone (2’35) accompagné d’un délicieux zoubidoubidoudou dou…. qui me laisse sans voix à chaque écoute.

2/ Frankie Goes To Hollywood : Two Tribes (extrait de l’album Welcome To The Pleasure Dome – 1984)
Ce morceau reste tout à fait d’actualité si l’on remplace le couple Reagan / Tchernenko par le couple Trump / Kim Jong-un : c’est d’ailleurs une des raisons qui m’ont poussé à l’évoquer. On note ici des percussions très présentes, un riff de guitare splendide qui embrase le titre et le magnifie ainsi qu’une basse imposant un rythme effréné ! Le dynamisme qui ressort à son écoute est incroyable : on a l’impression d’être remué par une force invisible ! Relax tiré du même album et succès planétaire à l’époque fonctionnait sur le même mode avec une force encore supérieure… Qui n’a jamais dansé dessus ?

3/ Yes : Owner Of A Lonely Heart (extrait de l’album 90125 – 1983)
Il s’agit du seul titre de Yes à atteindre la 1ère place au Billboard Hot 100. Et comme par hasard qui en a été le producteur ? J’avoue humblement, en tant que fan absolu du groupe, que ce n’est pas mon morceau préféré, mais en terme de notoriété et de diffusion mondiale il est très difficile de faire mieux. L’écoute au casque reste indispensable pour apprécier la créativité du groupe. A noter également le traitement très Hornien du son de la batterie style Beat Box .

4/ Art Of Noise : Beat Box (extrait de l’album Who’s Afraid Of – 1984)
Titre méconnu du groupement « Art of Noise » créé autour de Trevor Horn illustrant parfaitement la touche apportée par le producteur en terme de percussion.

5/ Art Of Noise : Moments in Love (extrait de l’album Who’s Afraid Of – 1984)
Je ne résiste pas au plaisir d’inclure un autre morceau de ce groupe qui a révolutionné quelque part la scène musicale de l’époque et a inspiré de nombreux groupes actuels comme Daft Punk ou Chemical Brother.
Il s’agit véritablement d’un moment de sensualité et de rêverie qui nous transporte ailleurs. Il est très difficile de caractériser cette musique électro-chill-progressive-trip hop représentative du savoir-faire unique de Trevor Horn et de ses comparses. Si elle s’éloigne des standards principaux détaillés en début d’article, elle affiche un style très personnel et n’a pas pris une ride !

J’ai passé volontairement sous silence quelques réussites majeures du producteur au cours des années 80/90/2000 : je pourrai citer notamment  Seal et son fameux tube Crazy, Propaganda, Grace Jones, Rod Stewart , Mike Oldfield, Simple Minds, Tatu, etc. La liste est très très longue…

Je tenais particulièrement à rendre hommage à Trevor Horn car il a contribué très fortement aux sons des 80’s et à cette période New Wave qui m’a enchanté personnellement (ainsi que de nombreux mélomanes à travers le monde) car elle représente une époque bénie de la Pop Anglaise et il me paraît logique que Poptastic la diffuse et la fasse vivre encore et encore et encore…
J’y reviendrai d’ailleurs dans de futurs articles.

Roland Brunet

roland@poptastic-radio.com

Retrouvez les titres Pop anglais des années 80 le vendredi de 19h à 22h dans « Back To The 80’s » et tous les jours dans la programmation musicale de Poptastic Radio.

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