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Black Sabbath - Les 70's de plomb

Rédaction : Christophe Billars le 21 août 2023

Black Sabbath - Les 70's de plomb (de plus ou moins bonne qualité)

Black Sabbath est-il l‘inventeur du heavy metal ? Franchement bien difficile de l'affirmer dans le foisonnement créatif de la fin des 60's / début 70's.

black sabbath 1er albumMais c'est bien à cette période que le groupe de Birmingham tout comme Led Zeppelin, voire Deep Purple, enregistre certainement ses meilleurs albums et fait émerger ce genre, influencé par le blues, forgé de riffs lourds et distordus (heavy) et de sonorités ultra puissantes. Cependant je ne suis pas un spécialiste du genre et encore moins un amateur et me contenterai donc, comme d'habitude, d'écrire une chronique tout à fait personnelle des 4 albums de Black Sabbath que je possède, datant de la période 1970/1980.

En 1970, Ozzy Osbourne et ses gais lurons de Black Sabbath publient leur premier album enregistré à la va-vite, composé de 7 titres dont 2 reprises. Appeler son groupe Black Sabbath n'est pas tout à fait innocent. Le nom fut choisi à cause du titre de la première chanson de l'album éponyme de 1970, puissante et lugubre à l'image de la pochette qui donne envie de se pendre.

Le titre est même construit autour de l'accord « triton » interdit au Moyen-Âge car décrété diabolique. Déjà les imageries satanique (God contre Satan), Moyenâgeuse, fantastique s'affichent ouvertement. On retrouve une batterie massue, des riffs lourds, l'accélération finale et le chant ténébreux d'Osbourne, qui deviendront les marques de fabrique du genre. L'album est cependant gorgé d'influences rock et blues comme sur « The Wizard » et son harmonica qui fait penser à Des Stones qui auraient durci leur jeu. On retrouve, comme sur le titre précédent, des clichés fantastiques (sorcier, magie, cape noire, maléfices) un peu « cul-cul la praline ».

« Behind the Wall of Sleep » allège quelque peu l'atmosphère – tout est relatif – précédant « N.I.B » et son riff implacable que double la voix d'Osbourne alterné avec de longs solos de guitare de Tony Iommi. Sur la longueur, le disque tient cependant moins bien la distance, en particulier dans sa deuxième partie. Après la reprise réussie du groupe Crow « Evil woman », il faut attendre 2 minutes pour que « Sleeping Village » se réveille et « Warning », un (trop) long titre de 10 minutes qui est une reprise, semble partir un peu n'importe où, avec ses relents prog parfois indigestes. Mais peu importe, dans ses 70′s naissantes, le flower power n'a jamais semblé aussi loin de ces riffs implacables, de ces rythmes pachydermiques, comme si les ténèbres envahissaient le rock. « N.I.B » ci-dessous en est un des sommets dans une version live d'époque qui a dû faire trembler les fondations de l'Olympia !

Quelques mois seulement après le premier album, Black Sabbath remet ça en 1970 avec « Paranoid ».
black sabbath paranoidMe replonger dans ce disque que j'avais finalement peu écouté, n'étant pas, comme je l'ai dit, un hardeux loin s'en faut, me rend à l'évidence: « Paranoid » est un classique incontournable. Reprenant les recettes du premier, Black Sabbath les porte à l'excellence. Pas de moments faibles ici, le son est tranchant et acéré comme jamais, les riffs intersidéraux, la batterie sonne comme les enclumes des forges de l'Enfer (oui j'avoue c'est un peu exagéré) et Ozzy installe son image de rock star. Les chansons sont incandescentes que ce soit le single imparable qu'est « Paranoid » déboulant comme un train lancé à pleine vitesse ou l'immense « War Pigs » qui ouvre l'album de façon magistrale bourré de ruptures de rythme et de solos ultra incisifs. Pas une once de graisse, que du muscle, et du surpuissant.

Que dire de l'extraordinaire et surprenant « Planet Caravan », très acoustique, la batterie étant remplacée par des congas, magnifique balade nocturne et hallucinée qui n'a rien à envier au meilleur de Led Zeppelin. « Iron man » est sinistre dès son introduction et propose un riff pesant et angoissant et ce n'est pas « Electric Funeral » qui va réchauffer l'atmosphère. Sombre et très répétitif dans sa première partie, il évolue, convoquant encore le rock progressif, pour accélérer en son milieu, et mieux retomber dans les ténèbres. « Hand of Doom » est basé sur une ligne de basse sur laquelle Osbourne est plus menaçant que jamais. Black Sabbath s'aventure encore ici sur des terres prog sans jamais verser dans l'indigeste avec des changements de rythme et une mélodie qui évolue tout au long des 7 minutes du morceau qui se termine comme il a commencé. L'instrumental « Rat Salad » et son solo de batterie de quasi une minute – un des pires fléaux des 70's – est certainement le point plus faible de l'album qui se clôt sur « Fairies Wear Boots » qui n'est pas sans évoquer des sonorités à la Deep Purple, l'orgue en moins, avec ses riffs puissants et dynamiques. Vous l'avez compris, cet album est incontournable, une pierre angulaire de ces early 70's. Il n'en sera pas de même pour la suite.

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Que s'est-il passé en 3 ans depuis le grand « Paranoid », jusqu'à cette année 1973 où sort le 5ème album de Black Sabbath « Sabbath Bloody Sabbath » ? Je suppose que les fans du groupe vont hurler, et même si j'ai raté quelques épisodes, comment un groupe d'une puissance aussi noire que le Black Sabbath des deux premiers albums a-t-il pu en arriver à ça ?

black sabbath sabbath bloody sabbathDès le pénible « Sabbath bloody sabbath », morceau introductif, la voix d'Osbourne est absolument insupportable et sa noirceur s'est transformée en un hurlement incontrôlé de quelqu'un qui se serait coincé un doigt (pour être poli) dans la portière. En ce qui me concerne ce genre de voix est totalement rédhibitoire, je n'y peux rien. Côté musique, nous avons ici en germes tout ce qui fera l'horreur du heavy metal et du rock FM US des 80′s, une espèce de rock grand guignol, assez pompeux, qui commence à obtenir le renfort de claviers prog du pire effet et qui débouchera très vite sur ces groupes à justeaucorps avec guitares en formes d'éclairs et musiciens à permanente peroxydée. Bien sûr, certains riffs tiennent encore la distance et tout n'est pas à jeter. L'instrumental et assez évanescent « Fluff », sa guitare acoustique et son piano emportent le morceau sans sombrer dans la bluette.  Et si le cœur vous en dit quand même, « Sabbra Cadabra » n'a rien d'une formule magique mais est le plus pop des titres de l'album. « Killing Yourself To Live » n'est pas complètement désagréable mais on est si loin des ténèbres des débuts et la voix m'est toujours aussi difficilement supportable. Ce sont des synthétiseurs qui ouvrent « Who Are You ? », preuve que le groupe est alors capable d'innover, d'explorer, malgré le peu d'intérêt du morceau. Je lui préfère le boogie plus enlevé et presque pop sur le refrain « Looking for today » pas si éloigné que cela de certains titres de ZZ Top. Mais le meilleur est pour la fin avec l'ambitieux « Spiral Architect » et ses arrangements de cordes et son ascension finale du plus bel effet.

Nous sommes en 1980 pour la sortir de ce “Heaven and Hell », 9ème album du groupe – j'ai encore loupé pas mal d'épisodes - dont j'aime assez la pochette qui ne joue pas sur les clichés éculés mais les détourne de manière humoristique. Le chanteur historique Ozzy Osbourne, dont les diverses addictions ne lui permettent plus de remplir son rôle, est remplacé par Ronnie James Dio.

black sabbath heaven and hell

Il faut bien avouer que le premier titre « Neon Knights » et également premier single de l'album, est sacrément efficace avec son riff supersonique hyper accrocheur. Dio, même si je suis toujours très réticent à l'égard de ce genre de voix, fait le job. Les atmosphères ténébreuses semblent bien loin désormais.

L'album est bien lancé mais reste cependant très inégal tout au long des 8 titres qui le composent. Dans la lignée du single, on peut apprécier le rageur « Lady Evil » à la base noueuse, assez efficace même si peu subtil ainsi que « Die Young » qui alterne les moments quasi planants, en intro ou lors d'un break en apesanteur particulièrement réussi, et d'autres ultra speed. « Wishing Well » ne révolutionne rien mais la rythmique est impériale, sans gras inutile.

Le reste est moins intéressant avec des titres tels que « Children of The Sea » ou « Heaven and Hell » que j'ai vraiment du mal à écouter jusqu'au bout car les riffs pesants et la voix du chanteur viennent à bout de ma résistance. On touche le fond avec « Walk Away » et « Lonely Is The Word » aux sonorités hard FM – ce que les 80's ont produit de plus pénible - de la pire espèce sans que jamais on puisse se raccrocher à une idée un tant soi peu originale.

Quand on considère qu'en cette année 1980, le rock anglais produisait des albums aussi majeurs que « Seventeen Seconds » des Cure, « Scary Monsters » de Bowie, « Closer » de Joy Division, « Sandinista » des Clash ou encore « Crocodiles » d'Echo and the Bunnymen pour n'en citer que quelques-uns et seulement des anglais, ce « Heaven and Hell » fait par contraste bien pâle figure par son caractère bien conventionnel.

Réécouter ces albums m'aura cependant permis de me pencher vraiment sur l'œuvre de Black Sabbath et de relativiser mon peu d'attirance pour le genre, « Paranoid » étant, je le reconnais, un monument du rock incontournable.

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles

Auteur

Passionné de musique, lui-même musicien, compositeur et parolier. Sur Poptastic, Christophe livre régulièrement des critiques affûtées sur les albums d'artistes britanniques ou en rapport avec la scène musicale britannique.


Commentaires
  1. David   Sur   25 octobre 2023 à 16 h 29 min

    Je viens de lire l'article, puis les commentaires qui suivaient. Du coup je note pour le futur de ne plus jamais lire quoi que ce soit de ce chroniqueur . Seul côté positif le gars assume "je reconnais mon ignorance du genre "et "ne suis pas spécialiste du genre ni même amateur". En gros c'est Dédé du bistrot du coin qui donne son avis sur quelque chose qu'il ne connait pas. Super intéressant...

  2. Geoff   Sur   8 octobre 2023 à 21 h 20 min

    Je post rarement en dehors des réseaux sociaux mais là, devant une chronique aussi mal écrite et peu objective.. et de la mauvaise foi en prime . En oubliant de mentionner "Sabotage", probablement le meilleur album du groupe. En descendant littéralement "Sabbath Bloody Sabbath", un album incontournable..
    Une chronique d'une personne qui ne connait en rien le foisonnement métal des 70's et l'apport déterminant de Black Sabbath dans ce genre. Et pardon, mais ce qu'a réalisé le groupe au début des 70's, personne ne l'avais fait avant, ils sont donc bien précurseurs, led zep et Depp peuple ne proposant pas la même chose..

    • Poptastic Radio   Sur   9 octobre 2023 à 11 h 13 min

      Bonjour Geoff,
      Merci pour votre commentaire. Vous n'avez pas aimé le contenu de l'article de Christophe et c'est bien évidemment votre droit. En revanche, je ne vois pas en quoi affirmer que la chronique "est mal écrite". Le style de Christophe est remarquable, respectueux de la grammaire et de l'orthographe française, ce qui n'est pas toujours le cas ailleurs.
      Claude.

    • Christophe Billars   Sur   9 octobre 2023 à 18 h 24 min

      Tout d’abord merci Geoff d’avoir pris le temps de me lire. Je prends donc également le temps de vous répondre point par point.
      Vous me dites que ma chronique est « mal écrite ». J’aurais aimé avoir quelques exemples de ma mauvaise écriture : Parlez-vous de fautes de syntaxe. D’orthographe ? Aurais-je mal utilisé certains mots ? Merci de m’indiquer mes erreurs. Je me permets donc à mon tour de vous rappeler que « post » prend un « e » que « En oubliant de mentionner "Sabotage", probablement le meilleur album du groupe. » est une phrase incorrecte puisque sans proposition principale et qu’il faut un « t » à « avait » dans « personne ne l'avais fait ».
      Ensuite vous l’accusez d’être « peu objective ». Je rappelle que c’est la raison d’être d’une chronique que d’exprimer la subjectivité de son auteur. Je le mentionne d’ailleurs au début de celle-ci : « me contenterai donc, comme d'habitude, d'écrire une chronique tout à fait personnelle ». Cette subjectivité est donc assumée et bien entendu toute opinion est critiquable.
      Vous m’accusez ensuite de faire preuve « de la mauvaise foi en prime ». Clairement vous m’accusez de mentir. Mais à quel propos ? Vous ne le savez peut-être pas mais le principe de cette chronique « Mes disques de A à Z » est de revisiter ma discothèque personnelle et d’écrire des textes à son sujet. Je ne parle pas de « Sabotage » tout simplement parce que je ne possède pas cet album. C’est d’en parler qui aurait été du coup un mensonge. Peut-être avez-vous décelé d’autres « mensonges », merci de préciser lesquels ?
      Vous relevez ensuite mon ignorance « Une chronique d'une personne qui ne connait en rien le foisonnement métal des 70's ». Je reconnais mon ignorance du genre et l’ai même écrit au début de la chronique « Cependant je ne suis pas un spécialiste du genre et encore moins un amateur ». Je le reconnais donc. Cependant si vous avez décelé des erreurs factuelles de ma part dans le texte, merci de m’indiquer lesquelles, je sais admettre que je me suis trompé. Cela sera enrichissant et me permettra de ne pas les rééditer. Cependant je ne vois pas en quoi cela m’empêche de donner mon avis sur un album de Black Sabbath.
      Enfin vous me dites que je ne reconnais pas « l'apport déterminant de Black Sabbath dans ce genre. » et me dites qu’« ils sont donc bien précurseurs ».
      Je ne crois pas dire le contraire dans ma chronique. Voici quelques passages : « « Paranoid » est un classique incontournable. Reprenant les recettes du premier, Black Sabbath les porte à l'excellence» ; « Pas de moments faibles ici, le son est tranchant et acéré comme jamais, » ; « War Pigs » qui ouvre l'album de façon magistrale » ; « magnifique balade nocturne et hallucinée qui n'a rien à envier au meilleur de Led Zeppelin. » ; « cet album est incontournable, une pierre angulaire de ces early 70's » ; « « Paranoid » étant, je le reconnais, un monument du rock incontournable. ». Ces passages concernent surtout l’album « Paranoid » car les 3 autres me plaisent moins en particulier les suivants et vous avez bien entendu le droit d’être en désaccord, mais il me faudrait des arguments pour pouvoir éventuellement être convaincu.
      Voilà j’espère vous avoir répondu. Critiquer un texte nécessite des arguments avant d’accuser l’auteur d’être un menteur ou de lui reprocher la raison même pour laquelle il écrit : exprimer un point de vue personnel même si on ne partage pas l’avis en question.

  3. Durupt   Sur   9 septembre 2023 à 15 h 41 min

    Ozzy et sa voix ! La blues harpe du blues, le synthé des deep ....
    Quelle ne plaise à tt le monde ok , mais la comparer un gémissement......Pas très musicien de ta part

  4. Dreyer   Sur   7 septembre 2023 à 18 h 36 min

    Commentaires d'une personne qui n'a jamais aimé le style hard metal
    Il faut avoir eu 18/20 ans dans les années 70780 pour avoir aimer.

Commentaires fermés.