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Qu'en est-il de Wet Leg 1er album du groupe anglais du même nom

rédigé par le 18 mai 2022

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« Classique instantané » (NME) – « Le groupe le plus hype du moment » (Télérama) – « Le phénomène pop-rock de l’année » (Marianne) – « Album détonnant, écho générationnel » (Libération) – « Premier album idéal » (Les Inrocks), couverture de Rock & Folk, album de la semaine de MagicRPM et j’en passe, parmi les critiques dithyrambiques glanées ici et là dans la presse spécialisée ou pas concernant « Wet Leg » premier album du groupe anglais du même nom. Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité car on en a connu des « meilleurs nouveaux groupes du monde de la semaine oubliés 6 mois plus tard » n’est-ce-pas ?

Mais d’abord qui est Wet Leg (jambe mouillée ?) ? Il s’agit d’un groupe récemment formé autour du duo originaire de l’Île de Wight, Rhian Teasdale et Hester Chambers deux jeunes femmes qui semblent juste sorties de l’adolescence – elles ont en fait 27 et 28 ans- notamment sur la pochette de l’album qui les montre de dos, se prendre par la taille comme deux collégiennes. Les deux amies de fac se partagent l’écriture des 12 chansons qui composent « Wet Leg » mais également les voix et les guitares.

Le point de départ de tout ce ramdam médiatique fut l’énorme succès – on en est à 5 millions de vues sur YouTube - de leur premier single, le déjà mythique « Chaise Longue » que l’on retrouve bien entendu sur cet album. Une batterie mitraillette en introduction, rejointe par une basse tendue et élastique comme un arc, voilà qui évoque furieusement le « Cannonball » des Breeders autre single imparable des 90’s. La voix faussement désabusée, les explosions de guitares en jaillissements pré pubères, on trouve ici la recette parfaite du single indie-pop ultra accrocheur, frais et jouissif dans toute sa splendeur. Rajoutez-y des paroles qui font l’éloge de la sieste « Hey you over there / On the chaise longue in your underwear / … on the chaise longue / all day long » et l’affaire est pliée. Cependant, après quelques écoutes, l’aspect superficiel de la chanson se fait jour, au-delà de l’excitation du début. On la passera certainement dans des soirées où son énergie communicative fera mouche à coup sûr mais je doute que ce titre devienne le type de morceau inépuisable que sont les vrais chefs d’œuvre. Mais en tant que single, y’a pas à dire ça fonctionne.

Un single c’est bien mais tenir sur la longueur d’un album c’est autre chose. Plongeons-nous donc dans ce « Wet Leg » tant commenté pour vérifier si la rumeur est fondée et si nous tenons là autre chose que de la poudre aux yeux.

« Being In Love » placé en ouverture reprend peu ou prou la formule de « Chaise Longue » à savoir un titre court (à peine 2 minutes), porté par une basse et une batterie basiques et efficaces et une explosion de guitares sur le refrain. Le titre est cependant plus pop et son aspect bubble gum n’est pas sans rappeler Blondie, toutes proportions gardées. C’est frais, c’est agréable. « Angelica » confirme la propension du duo à signer des titres hyper accrocheurs, qui remettent en avant des murs de guitares et des atmosphères qu’on croirait tout droit sorties des 90’s, de chez Pavement, Sonic Youth ou les Breeders encore. Mais « I Don’t Wanna Go Out » montre que le duo sait aussi élargir sa palette sur un titre plus ambitieux et complexe, qui s’éloigne de la recherche de l’efficacité pour gagner en profondeur et en émotions. Les changements de tempo et d’ambiance se succèdent tout au long d’un morceau qui culmine sur un refrain parfait. Assurément le meilleur titre de l’album.

« Wet Dream » est le 2ème single de l’album et à mon avis bien supérieur à « Chaise Longue ». Les paroles sont délicieusement coquines « Baby do you wanna come home with me / I got Buffalo 66 on DVD », la mélodie mutine et sautillante notamment grâce aux claps.

Convincing” ferme la face A pour un titre qui serait quelque part entre PJ Harvey, toutes proportions gardées encore, sur des couplets dépouillés et une pop sixties et sucrée sur des refrains dominés par des chœurs légers.

La face B démarre sur « Loving You » sur lequel le rythme se ralentit, les arrangements sont dépouillés pour un résultat assez charmant sans être inoubliable. On appréciera le chant haut perché qui apporte sa dose de fragilité bienvenue à la chanson. « Ur Mum » nous ramène en terrain connu avec ce mélange de pop et de guitares déjà entendu sur le disque et très souvent ailleurs. Rien d’indigne mais rien d’essentiel non plus. On passe. On arrive au cabossé et saturé « Oh No », plus rugueux et primaire que le reste de l’album avec ses relents punks de la fin des 70’s, pour lesquels il n’y a pas de quoi faire un foin. « Piece of Shit » surprend par contraste avec sa guitare folk en introduction avant de se faire rattraper par les 90’s et des guitares tantôt acidulées tantôt rentre-dedans. On a encore l’impression d’avoir entendu ça mille fois même si l’ensemble n’a rien de désagréable. « Supermarket » débute par des chœurs hippies que l’on retrouve sur un refrain à reprendre tous ensemble, bougie à la main. On appréciera l’ironie de ce décalage quand les paroles célèbrent la frénésie de consommer « I wanna shop till I’m weak at the knees / Now I’m too high ». L’album se referme avec « Too Late Now » dont la progression de la rythmique basse/batterie est perturbée par des notes de claviers et de guitares, avant que la chanteuse esquisse un rap puis qu’enfin l’ensemble roule comme un moteur parfaitement huilé jusqu’à la fin.

Alors non « Wet Leg » n’est pas le chef d’œuvre que le buzz médiatique voudrait nous laisser croire mais ce n’est pas un album insignifiant non plus, loin de là. Bien sûr, il ne révolutionne rien, l’impression de déjà entendu revient fréquemment, mais fait naître l’excitation un peu primaire il faut bien le dire, à travers un son très influencé par l’indie rock des 90’s, grâce à des singles fédérateurs, simples et efficaces. C’est déjà beaucoup même si il faudra à Rhian Teasdale et Hester Chambers un peu plus que cela pour marquer durablement la musique pop rock des 20’s. Se libérer de leurs influences, des modèles du passé, prendre des risques en termes de compositions et d’arrangements tout en gardant l’efficacité et la fraicheur, sous peine de rester à jamais le groupe d’un super premier album. Un titre « I Don’t Wanna Go Out » porte en lui la promesse d’un futur possible. À suivre donc.

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles

wet leg album reviewÉcoutez des extraits du premier album de Wet Leg dans la programmation de Poptastic Radio.


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