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Arctic Monkeys

Rédaction : le 17 juin 2020

J’avoue être passé totalement à côté du premier album des Arctic Monkeys. Ce devait être en 2006 et Alex Turner et sa bande allaient cartonner avec « Whatever People Say I Am, That's What I'm Not ».

J’y ai, à l’époque, à peine jeté une oreille tant ce rock anglais adolescent à guitares, mi-teigneux, mi-brouillon m’avait semblé peu original. Je n’ai pas cet album dans ma discothèque et ne le regrette pas. Le groupe a décollé grâce à lui, tant mieux pour eux, c’est sans doute justifié mais j’y suis toujours aussi peu sensible.

Artcic Monkeys - Favorite Worst Nightmare

Du coup, la curiosité reprenant le dessus, l’année d’après je me procurais « Favorite Worst Nightmare » (2007) espérant que cette fois-ci le déclic ait lieu. Il est toujours frustrant de ne pas adhérer à un groupe presqu’unanimement apprécié. Immédiatement je sentis que cet album serait supérieur au précédent, en particulier grâce à la qualité des compositions. Bien sûr le disque reste très inégal mais des titres aussi directs et jouissifs que « Teddy Picker », « D for Dangerous » ou encore « Fluorescent Adolescent » emportent le morceau haut la main. Rien de révolutionnaire encore ici. Un rock de tradition anglaise, plein de morgue et nerveux constitue l’essentiel du disque qui n’a pas un poil de gras : tout ce qu’Oasis n’avait plus depuis longtemps à l’époque. Et puis surtout, il y a LE titre, judicieusement placé à la toute fin de l’album, ouvrant des promesses d’avenir radieux : le fantastique « 505 » qui conjugue à la fois l’énergie, la subtilité et une construction sous forme de décollage irrésistible.

Arctic Monkeys - My Propeller

Dès « My Propeller », premier titre du troisième album intitulé « Humbug » (2009), on sent que les Arctic Monkeys ont mûri. Leur son a évolué et n’est plus aussi flamboyant qu’auparavant. L’adolescence s’éloigne et le groupe ne cherche pas à faire semblant. « Humbug » est plus homogène que les deux albums précédents. C’est peut-être le résultat de l’influence de Josh Homme des Queens of The Stone Age qui les cornaque durant l’enregistrement. Le tempo s’est ralenti et les compositions sont moins directes mais plus complexes qu’auparavant. À plusieurs reprises, on sent nettement l’influence de Morrissey dans le chant de Turner comme sur « Secret Door » ou « Fire and The Thud » par exemple. Au final, avec ce 3ème album, le groupe franchit un palier, proposant un travail bien plus abouti que sur ses deux essais précédents. Il suffit pour s’en convaincre, d’écouter ce superbe « Cornerstone » sous haute influence de Morrissey encore.

Arctic Monkeys - Tranquility Base Hotel + Casino

Je reconnais avoir ensuite lâché les Arctic Monkeys. Jusqu’à récemment avec la sortie en 2018 de « Tranquility Base Hotel + Casino » 6ème album du groupe. Dans la décennie précédente, Alex Turner a pris ses aises avec un relatif succès au sein des Last Shadows Puppets. Au risque de se répéter les Arctic Monkeys se devaient d’évoluer et c’est chose faite de manière assez radicale avec ce dernier album. Comment reconnaître ici, le groupe de « Whatever People Say I Am, That's What I'm Not” ? C’est une vraie renaissance. En effet, les guitares se font discrètes mais leurs interventions sont souvent plus tranchantes du coup, la rareté faisant le prix. Le piano, les synthés sont mis en avant dans des titres qui ressemblent à la prestation d’un crooner tentant un énième retour avec panache sachant que c’est sa dernière chance de revenir sur le devant de la scène. Alors bien sûr, l’album n’échappe pas par moments à l’ennui et le résultat est inégal mais le panache de l’entreprise est indéniable. Alex Turner semble cette fois-ci influencé par le Bowie des albums « Aladin Sane/ Diamond Dogs/ Young Americans ». L’album comporte des réussites indéniables comme le superbe « Tranquility base hotel + casino » dans lequel Turner réussit une grande performance vocale, ou encore « Four Out Five » au refrain euphorisant qui ouvre la meilleure face du disque. Turner fait son crooner sur « The World’s First Ever Monster Truck Front Flip », « Science Fiction » semble sortie d’un film de SF des 50’s et « Ultracheese », qu’on aurait rêvé chanté par Bowie clôt l’album de façon impériale.

Il manque tout de même quelque chose à Turner et sa bande pour s’ériger en monument du rock anglais. Certainement un grand album, un classique qui mette tout le monde d’accord, sans moments faibles. Avec leur dernier disque ils ont gagné leur liberté artistique et peuvent tout se permettre. Ce serait dommage de ne pas en profiter.

Christophe Billars.

Arctic Monkeys - CornerstoneÉcoutez les singles et les titres des différents albums des Arctic Monkeys dans la programmation de Poptastic Radio.

Retrouvez les chroniques de Christophe Billars également sur son blog Galettes Vinyles