En direct

En direct


Liam Gallagher encore et toujours sous influence des Beatles

Rédaction : le 21 novembre 2019

Je me souviens d’Oasis, ce devait être en 1994 ou 1995, juste après la sortie de « Definitely Maybe » (1994) - un des albums les plus décevants qui soit après l’incroyable buzz monté de toutes pièces par des gens de marketing – au Transbordeur à Lyon. Ils étaient programmés à l’affiche du Festival des Inrocks et généraient déjà une excitation proche de la transe.

Je me souviens de Liam Gallagher, de sa gueule de petite frappe, et de sa façon de brailler ces chansons de sa voix nasale, les mains dans le dos, le menton levé, d’un air de gamin buté, dans une posture signifiant « Venez-pas m’emmerder ! » et comment cela me l’avait rendu sympathique et attachant. Quant au concert, pas grand-chose à en dire car Oasis ne m’a jamais beaucoup intéressé je dois dire. Ni à l’époque ni aujourd’hui. Je garde une tendresse nostalgique pour le premier album mais ne l’écoute jamais, « Wonderwall » m’a toujours profondément ennuyé et le reste de la discographie me fait l’effet d’un pudding indigeste et peu inspiré. C’est finalement l’ultime « Dig Out Your Soul » (2008) que je trouve rétrospectivement le plus intéressant, le plus inspiré. Je n’ai jamais non plus goûté à ce conflit Blur vs Oasis, considérant que de tous les groupes anglais des 90’s, ils étaient loin d’être les plus intéressants au regard des Pulp, Ride, My Bloody Valentine, Boo Radleys, Slowdive et consorts. De plus, aujourd’hui, Damon Albarn a définitivement pris son envol, figure incontournable des années 2000 alors qu’Oasis est mort, miné par les conflits des deux frangins qui n’avaient pas réussi à devenir adultes. Depuis, Noel, le frangin, libéré, a changé son fusil d’épaule avec ses High Flying Birds et a su solder son passé avec Oasis avec un certain succès.

Sur Poptastic vous écoutez actuellement :

Alors, un nouvel album solo de Liam Gallagher, le deuxième, après l’expérience Beady Eye ? Mouais. Et ? Qu’attendre aujourd’hui d’un artiste révélé par un groupe des 90’s qui à l’époque recyclait à pleins tubes l’héritage des Beatles ? Eh bien tout simplement qu’il recycle l’héritage d’Oasis recyclant l’héritage des Beatles. En un mot « Why Me? Why Not », malgré l’ironie du titre, illustre une manœuvre de surplace assez remarquable jusque dans sa pochette, Liam y apparaissant dans la même posture avec la même espèce de K-Way à capuche que sur la scène du festival des Inrocks en 1994 (en tout cas dans mon souvenir).
L’album n’est pas vraiment mauvais, non, il me semble juste inutile. Ces chansons, j’ai l’impression de les avoir entendues 1000 fois ailleurs, en mieux, chez Oasis par exemple, enfin dans les deux premiers albums. L’influence des Beatles, de Lennon, en particulier inonde tout le disque sans que, jamais, un seul titre ne s’approche des maîtres. Qu’apporte par exemple ce « Shockwave » introductif ? Batterie massive, guitare et voix en avant, mélodie sans surprise, on se surprend quand même à taper mollement du pied. Bon. « One Of Us » est dans une veine pop, avec guitare plus acoustique, cordes et mélodie agréable pour le meilleur titre de l’album. On plonge dans un océan d’ennui avec « Once », ballade ultra convenue et sirupeuse. « Now That I Found You » est comme beaucoup de titres du disque tout à fait acceptable mais semble tellement datée, comme si elle avait 25 ans. Le piano dingo de « Halo » ne suffit pas à tirer un titre encore assez quelconque vers le haut. Et ça continue comme ça jusqu’à la fin. Rien de scandaleux si ce n’est peut-être l’affreux refrain de « Be Still » qui rappelle le pire du rock américain pour teenagers. Rien de scandaleux donc mais rien de véritablement excitant. L’album alterne ballades pop assez ternes comme « Meadows » ou « Misunderstood » et titres un peu plus pêchus tels ce « The River » que j’ai bien du mal à écouter jusqu’au bout tant il ne s’y passe jamais rien d’un peu surprenant.

« Why Me? Why Not » ressemble à ces albums qu’on écoute 3 ou 4 fois à leur sortie puis qu’on range définitivement dans la discothèque car rien finalement n’aura retenu notre attention. Les fans d’Oasis seront peut-être satisfaits de retrouver ce son, cette voix mais peut-on se satisfaire qu’un artiste aimé répète ad vitam la même chose sans jamais ne rien remettre en question ? La question est : Liam en a-t-il le talent ? Ce disque n’entame en rien le capital de sympathie que j’éprouve instinctivement pour lui, il est même en quelque sorte touchant dans cet entêtement à faire toujours le même disque, à célébrer éternellement ces Beatles intouchables. « Why Me? Why Not » est un disque profondément honnête mais il faut bien le dire artistiquement bien conventionnel et passablement ennuyeux.

Christophe Billars.
Retrouvez ses chroniques également sur le blog Galettes Vinyles

Dernier album de Liam Gallaher : Why Me? Why NotRetrouvez des extraits du dernier album de Liam Gallagher "Why Me? Why Not" dans les playlists de Poptastic Radio.


Commentaires
  1. Boisnard le : 22 novembre 2019 à 10 h 10 min

    Bonjour, je suis atterré par votre chronique. ride , Pulp, slowdive meilleur qu'OASIS !!! Vous faites parti de ces chroniqueurs français qui pour ce demarquer site des noms de groupes sans grand interet et qui de toute façon ne marqueront jamais l'histoire du rock. Cet album est sublime et j'ai honte pour vous, ce petit coté snobinard est insupportable Bonne mauvais e emusique à vous

  2. Christophe Billars le : 22 novembre 2019 à 15 h 59 min

    Vous trouvez cet album "sublime", je le trouve "quelconque". Vous adorez Oasis, j'adore Pulp, Ride et Slowdive. Comme quoi chacun trouve chaussure à son pied, c'est l'essentiel. Une différence entre nous: Je ne permets pas d'insulter celui qui pense différemment de moi. Bien à vous.

    • Daniel Durand le : 25 novembre 2019 à 6 h 23 min

      bonjour,
      Dire que Definitely Maybe est un des albums les plus décevants qui soit , monté par des gens de marketing... comment dire, c'est incroyable de lire cela. il s'agit d'un album écrit 3 ans durant par Noel Gallagher. chanté par une tête a claques charismatique. Cet album était au bon endroit, au bon moment et son optimisme génial correspondait au goût du moment , contrastant avec le pessimisme grunge de l'époque.
      Si on veut parler de marketing, rappelez vous des Spices Girls 1 an après ou de ce que nous avions en France a l'époque (Alliage, 2be3...)
      pour le reste de votre chronique, effectivement la subjectivité permet tout les jugements . Mais Definitely Maybe, un album marketing non. Live Forever, Slide Away, Columbia ne sont pas décevants
      cordialement

      • BILLARS le : 25 novembre 2019 à 12 h 58 min

        Bonjour,
        Je me suis fait mal comprendre. Je ne dis pas que les membres d’Oasis ont fait du marketing, je trouve ce groupe et je l’écris profondement sincère. Non je parlais du buzz médiatique à l’époque autour d’Oasis que je trouve disproportionné par rapport à la qualité du disque. Et en effet une chronique s’écrit à la 1ère personne. Bien à vous.

  3. Pelletier le : 27 novembre 2019 à 23 h 55 min

    C’est juste incroyable de lire cet article...
    J’ai pris la peine de vous lire jusqu’au bout. Cependant c’est bien la première et la dernière fois. Détraquer son nouvel album et ne pas l’aimer est une chose , mais parler comme vous le faites sur la naissance et le parcours d’Oasis par exemple ; cela relève d’un manque crucial de connaissance historique musicale de votre part. Si écrire des articles est votre métier, merci de mettre vos goûts personnels de côté et un minimum d’objectivité.... surtout qu’on parle pas d’un pote qui change à moitié bourré dans un karaoké. Un minimum de respect pour les artistes.
    Cordialement

Les commentaires sont fermés.